Faire des achats se dit 买东西 , littéralement « acheter est-ouest » (on a vu sur la page L'espace et les directions que personne ne sait vraiment pourquoi 东西 veut dire « chose »). Le mot de l'écrit est 购物 , 购 « acheter » et 物 « objet ». C'est celui des enseignes : un centre commercial est un 购物中心 .
Attention à 买 « acheter » et 卖 « vendre » : même syllabe, et seul le ton les sépare. Troisième ton, on achète ; quatrième ton, on vend. L'écriture aide un peu : 卖, c'est 买 avec quelque chose au-dessus. Dans la forme traditionnelle, ce quelque chose était 出 « sortir » ⟶ faire sortir la marchandise. Les deux réunis, 买卖 , donnent le commerce (page Les métiers (2) : vendre, créer, produire).
Le magasin est un 商店 , et 商 est aussi le nom de la dynastie Shang. On raconte qu'après leur défaite les gens de Shang, privés de terres, se firent colporteurs, et que 商人, « homme de Shang », a fini par vouloir dire marchand. C'est l'explication qui circule, je n'en suis pas sûr à 100 %. Le grand magasin, lui, est un 百货商店 , « magasin aux cent marchandises », où cent veut dire toutes. Regardez le bas de 货 : c'est 贝, le coquillage qui servait de monnaie. Il est aussi dans 购, 贵, 赚 et 赔.
En entrant, on entend 欢迎光临 : 光 « lumière » et 临 « arriver » ⟶ votre venue nous éclaire. On n'est pas obligé d'acheter pour autant. Il suffit de répondre 随便看看 , « je regarde comme ça » (phrase 5). Un mot à connaître du côté du vendeur : 开张 , la première vente de la journée. Beaucoup de commerçants y tiennent, et l'on dit que le premier client obtient plus facilement un prix. Je ne garantis pas que cela marche à tous les coups.
Marchander se dit 讨价还价 : 讨 « réclamer », 还 « rendre » ⟶ l'un réclame un prix, l'autre en rend un. À l'oral, c'est 砍价 , « tailler dans le prix », avec 砍 qui se dit du bois que l'on fend à la hache. Le dicton entier est 漫天要价,就地还钱 : demander un prix qui emplit le ciel, répondre par un prix au ras du sol (phrase 22). Mais on ne marchande pas partout. Dans un grand magasin les prix sont affichés, 明码标价 , et 一口价 , « prix d'une seule bouche », veut dire que la discussion est close.
La remise est un piège classique. 打八折 ne veut pas dire quatre-vingts pour cent de réduction : on paie huit dixièmes du prix, donc vingt pour cent de moins (phrase 6). 折, c'est « plier, casser ». Plus le chiffre est petit, plus l'affaire est bonne. C'est déroutant au début, mais on s'y fait vite, surtout quand on a payé une fois le mauvais prix. Les prix et les poids sont sur la page Les mesures, l'argent et les proportions.
Le client étranger apprend vite deux mots : 宰客 , « égorger le client », et 挨宰 , « subir l'égorgement » (挨 se lit ici au deuxième ton). 坑人 , « mettre les gens dans la fosse », est à peine plus doux. Quant à 上当 , « se faire avoir », on l'explique par 当, le mont-de-piété : celui qui y montait y laissait son bien pour une fraction de sa valeur. L'explication est jolie, je ne sais pas ce qu'elle vaut.
Deux expressions de la page viennent du Han Feizi, et toutes deux se passent au marché. Un homme de Chu y vendait des lances, 矛, et des boucliers, 盾 : sa lance perçait tout, son bouclier arrêtait tout. « Et ta lance contre ton bouclier ? » lui demanda quelqu'un ⟶ 自相矛盾 , se contredire. Un homme de Zheng, lui, mesura son pied avant d'aller acheter des souliers, oublia la mesure chez lui, repartit la chercher et trouva le marché fermé. Pourquoi ne pas avoir essayé les souliers ? « Je me fie à la mesure, pas à mon pied. » C'est 郑人买履 .
La dernière phrase vient des Entretiens (Chapitre 9 des Entretiens de Confucius). Zigong, le disciple qui a fait fortune dans le commerce, demande au Maître ce qu'il ferait d'une belle pierre : l'enfermer dans un coffre, ou la vendre ? La vendre, répond Confucius, mais en attendant le bon prix. C'est l'origine de 待价而沽 . Notez que le texte écrit 贾 là où nous écririons 价 : Couvreur le lit « prix », d'autres le lisent « marchand », et les deux se défendent. La pierre, bien sûr, c'est lui. Il a attendu longtemps.
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Mode d'emploi : chaque mot porte son niveau. ① l'essentiel, ② le courant, ③ le précis. Commencez par les ① : ils suffisent déjà pour faire des achats, demander un prix ou marchander. Le bouton ▶ donne la prononciation, et un clic sur un caractère ouvre son ordre des traits.
Les magasins et les marchés
le grand magasin, « magasin aux cent marchandises »
le centre commercial
la boutique de marque, le magasin spécialisé
le magasin de chaîne
le magasin physique (par opposition à la vente en ligne)
la boutique hors taxes
l'épicerie-bazar
le magasin de fruits
le magasin de vêtements
la papeterie
le magasin d'occasion
le marché, la foire (à jour fixe)
le marché de gros
le marché aux puces
Dans le magasin
le client
le vendeur, l'employé de magasin
l'étal, l'emplacement (sur un marché)
le comptoir de marque, le stand
la marchandise, l'article
la marchandise
les articles d'usage courant
l'étiquette
le code-barres
l'échantillon, le modèle d'exposition
le panier (de magasin)
la consigne (à l'entrée du magasin)
Ouvrir, fermer, avoir en stock
ouvrir (la porte, le magasin)
ouvrir boutique ; faire la première vente du jour
fermer boutique (le soir)
cesser son activité
faire faillite, fermer
être en stock, « il y en a »
être en rupture de stock
le stock
s'approvisionner, rentrer de la marchandise
avoir tout vendu, « il n'y en a plus »
Acheter
acheter
faire des achats, « acheter est-ouest »
faire des courses, faire du shopping
faire les magasins
avoir besoin de ; le besoin
choisir (en triant)
choisir
essayer
essayer (un produit)
comparer
se ruer pour acheter
l'acompte, les arrhes
remettre l'argent, payer
rendre la monnaie
le ticket de caisse
emballer
bienvenue (formule d'accueil des magasins)
jeter un coup d'œil, « je regarde seulement »
Vendre
vendre
vendre, écouler ; les ventes
faire l'article, démarcher
vendre au détail ; le détail
vendre en gros ; le gros
se vendre très bien
se vendre mal, rester sur les bras
se vendre comme des petits pains
l'habitué
gagner (de l'argent), faire un bénéfice
perdre de l'argent ; dédommager
vendre à perte, « entamer le capital »
la mise de fonds, le capital
le bénéfice, la marge
les cours, l'état du marché
acheter ou vendre à crédit, « mettre sur l'ardoise »
Le prix et le marchandage
marchander, « demander un prix, rendre un prix »
discuter le prix
marchander, « tailler dans le prix »
faire une contre-offre
annoncer son prix
baisser le prix
augmenter (prix)
faire une remise
les soldes, les grands rabais
liquider le stock
brader
le prix affiché ; afficher le prix
les prix clairement affichés
le prix ferme, non négociable
le prix le plus bas, le dernier prix
avantageux, « ça vaut le coup »
d'un bon rapport, pas cher pour ce que c'est
c'est combien ? « ça se vend comment ? »
c'est trop cher
La qualité et les arnaques
la qualité
l'article authentique
la contrefaçon, le faux
l'imitation (d'une marque)
les produits chinois, « marchandises du pays »
tout neuf
le nouveau modèle
tromper, escroquer
se faire avoir
plumer le client, « égorger le client »
se faire plumer
rouler les gens, « mettre les gens dans la fosse »
la boutique malhonnête, « boutique noire »
Le commerce dans les expressions
comparer la marchandise dans trois boutiques
bon marché ne vaut rien
demander un prix exorbitant, « un prix qui emplit le ciel »
ce qui est rare est cher
l'offre ne suit pas la demande
un étalage de belles choses plein les yeux
on y trouve tout ce qu'il faut
pas un client, « on pourrait tendre un filet à moineaux devant la porte »
une marchandise rare à garder pour la revendre cher
attendre le bon prix pour vendre
l'homme de Zheng qui achète des souliers (se fier à la règle plus qu'au réel)
se contredire, « sa lance contre son bouclier »
compter au plus juste
dépenser sans compter, « jeter mille pièces d'or d'un coup »
Acheter et vendre dans les mots de tous les jours
consommer, dépenser ; la consommation
l'accro du shopping
profiter (aux dépens d'autrui)
faire une bonne affaire, « ramasser du bon marché »
dénicher une pièce de valeur pour presque rien
acheter (quelqu'un), soudoyer
faire étalage de (son savoir)
pas de marchand sans ruse
le client est roi, « le client, c'est Dieu »
Phrases d'exemple
C'est combien, ça ?
C'est trop cher, vous pouvez baisser un peu ?
Je voudrais acheter une paire de chaussures.
Bienvenue ! Vous cherchez quelque chose ?
Je regarde seulement.
Ce magasin de vêtements fait vingt pour cent de remise aujourd'hui.
Je peux essayer ?
À quelle heure ouvre le magasin de fruits ?
Cette couleur est épuisée, nous n'en aurons que la semaine prochaine.
Quand on achète, il faut comparer dans plusieurs magasins : c'est le moyen de ne pas y perdre.
C'est un prix ferme, on ne discute pas.
Elle marchande très bien : un sac à trois cents yuans, elle l'a eu pour deux cents.
Cette marque se vend très bien en ce moment, elle est souvent en rupture.
Donnez-moi le ticket de caisse, s'il vous plaît, je voudrais le voir.
N'achetez pas là-bas, c'est une boutique malhonnête : vous vous feriez avoir.
Ce centre commercial a de tout, on y trouve tout ce qu'il faut.
Ce n'est pas cher et la qualité est bonne : c'est une affaire.
Bon marché ne vaut rien, et ce qui est bon n'est pas bon marché. (dicton)
Depuis que les loyers ont augmenté, beaucoup de petites boutiques de cette rue ont fermé.
Dans les zones touristiques, on se fait facilement plumer.
Le patron dit qu'à ce prix il vend déjà à perte, et qu'il ne baissera pas d'un centime.
Il commence par demander un prix exorbitant, puis il attend que vous marchandiez.
L'été s'achève, et les magasins bradent tous leurs vêtements d'été.
Celui qui achète n'est jamais aussi malin que celui qui vend. (proverbe)
Je la vendrais, certainement je la vendrais ; mais j'attendrais qu'on m'en offrît un prix convenable. (Confucius, Entretiens, IX.12)


