Ode au saule - He Zhizhang

贺知章 Hè Zhīzhāng

七言绝句 Qīyán juéjù

Explications des caractères

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« vert-bleu, jade vert ». 碧玉 « le jade vert ».

« jade ». 碧玉 désigne la couleur lustrée du jeune feuillage.

zhuāng

« parer, farder ». 妆成 « paré, orné comme une parure ».

chéng

« devenir, achever ». 妆成 « se trouve paré ».

« un, tout entier ». 一树高 « tout un arbre élevé ».

shù

« arbre ». 一树高 « un grand arbre ».

gāo

« haut ». L'arbre dressé bien haut.

wàn

« dix mille » ; hyperbole. 万条 « mille rameaux ».

tiáo

« rameau, longue tige ». 万条 « d'innombrables branches ».

chuí

« pendre, retomber ». 垂下 « pendent vers le bas ».

xià

« en bas ». 垂下 « retombent ».

绿

« vert ». 绿丝绦 « rubans de soie verte ».

« soie, fil de soie ». 丝绦 « ruban de soie ».

tāo

« ruban, cordon ». 绿丝绦 « rubans de soie verte », les branches du saule.

« ne… pas ». 不知 « on ne sait pas ».

zhī

« savoir ». 不知 « on ignore ».

« fin, menu ». 细叶 « les feuilles fines ».

« feuille ». 细叶 « les feuilles délicates ».

shuí

« qui ». 谁裁出 « qui a découpé ? ».

cái

« tailler, découper (du tissu) ». 裁出 « façonner en coupant ».

chū

« faire sortir, produire ». 裁出 « découper, faire naître ».

èr

« deux ». 二月 « le deuxième mois (lunaire) », début du printemps.

yuè

« mois ; lune ». 二月 « février lunaire ».

chūn

« printemps ». 春风 « le vent de printemps ».

fēng

« vent ». 春风 « la brise printanière ».

« ressembler à, comme ». 似剪刀 « pareil à des ciseaux ».

jiǎn

« couper aux ciseaux ». 剪刀 « les ciseaux ».

dāo

« couteau, lame ». 剪刀 « les ciseaux » qui taillent les feuilles.

Traduction littérale

De jade vert paré, l'arbre s'élève haut ;
Mille rameaux pendent, rubans de soie verte.
On ne sait quelle main a découpé ces feuilles fines :
Le vent du deuxième mois est pareil à des ciseaux.

Contexte Historique et Biographique

贺知章 (Hè Zhīzhāng, 659–744), poète et lettré du début des Tang, ami de Li Bai, est célèbre pour quelques pièces brèves d'une grande fraîcheur.

Ce poème, 咏柳 (Yǒng liǔ), « Ode au saule », transforme un saule de printemps en un éloge plein de fantaisie de la nature renaissante.

Analyse Littéraire

Structure et Forme

Quatrain de sept caractères. Les deux premiers vers décrivent l'arbre par métaphores ; les deux derniers posent une question ingénieuse dont la réponse est le vent printanier.

Imagerie et Symbolisme

Le saule devient une jeune fille parée de jade, ses branches des rubans de soie ; le printemps est personnifié en couturier qui « découpe » les feuilles.

Mouvement et Gestuelle

L'image finale du vent-ciseaux donne au printemps un geste créateur, comme s'il taillait lui-même la verdure.

Langage et Tonalité

Langue claire et imagée ; le ton, léger et admiratif, célèbre la métamorphose printanière avec une pointe d'esprit.

Thématiques Principales

L'Éloge du printemps

Le poème exalte la renaissance de la nature à travers un seul arbre.

La Métaphore et l'Ingéniosité

La comparaison du vent à des ciseaux est restée célèbre pour son invention poétique.

La Personnification de la Nature

Le printemps devient un artisan, donnant vie et forme au monde végétal.