Pensée pour mes frères - Wang Wei

王维 Wáng Wéi

七言绝句 Qīyán juéjù

Explications des caractères

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« seul ». Ouvre le poème sur l'isolement du poète.

zài

« être à, se trouver dans ». 在异乡 « en terre étrangère ».

« étranger, autre ». 异乡 « une région qui n'est pas la sienne ».

xiāng

« pays natal, village ». 异乡 « terre étrangère ».

wéi

« être, devenir, en tant que ». 为异客 « être un hôte étranger ».

« étranger ». 异客 « l'hôte venu d'ailleurs ».

« hôte, voyageur ». 异客 « l'étranger de passage ».

měi

« chaque ». 每逢 « chaque fois que ».

féng

« rencontrer, tomber sur ». 每逢佳节 « à chaque fête ».

jiā

« beau, heureux ». 佳节 « une belle fête ».

jié

« fête, jour solennel ». 佳节 « les jours de fête ».

bèi

« doublement, redoubler ». 倍思亲 « penser deux fois plus aux siens ».

« penser à, regretter ». 思亲 « songer aux siens ».

qīn

« parents, proches ». 思亲 « la pensée des proches ».

yáo

« lointain, de loin ». 遥知 « savoir de loin ».

zhī

« savoir ». 遥知 « je sais bien, à distance ».

xiōng

« frère aîné ». 兄弟 « les frères ».

« frère cadet ». 兄弟 « les frères ».

dēng

« monter, gravir ». 登高 « monter sur les hauteurs », coutume du 9/9.

gāo

« haut, hauteur ». 登高处 « les lieux élevés ».

chù

« lieu, endroit ». 高处 « les hauteurs ».

biàn

« partout, tout autour ». 遍插 « planter partout ».

chā

« planter, piquer (sur soi) ». 插茱萸 « porter la cornouille ».

zhū

« cornouille (zhūyú) ». 茱萸 : plante portée le 9/9 pour éloigner le mal.

« cornouille ». 茱萸 forme le nom de la plante.

shǎo

« manquer, être en moins ». 少一人 « il manque une personne ».

« un ». 一人 « une personne », le poète absent.

rén

« personne ». 少一人 « un de moins » : le frère éloigné.

Traduction littérale

Seul, étranger en terre étrangère,
À chaque fête je pense deux fois plus aux miens.
Je sais de loin que mes frères, montés sur les hauteurs,
Plantant partout la cornouille, seront un de moins.

Contexte Historique et Biographique

王维 (Wáng Wéi, 701–761) écrivit ce poème très jeune, alors qu'il vivait loin de sa famille, dans la capitale.

Le titre, 九月九日忆山东兄弟 (Jiǔ yuè jiǔ rì yì Shāndōng xiōngdì), « Le 9 du 9e mois, je pense à mes frères à l'est des monts », renvoie à la fête du Double Neuf (重阳节), où l'on monte sur les hauteurs et porte la cornouille (茱萸).

Analyse Littéraire

Structure et Forme

Quatrain de sept caractères. Le poème bascule de l'ici (la solitude du poète, vers 1–2) à l'ailleurs (la scène familiale imaginée, vers 3–4) : un saut de point de vue d'une grande virtuosité.

Imagerie et Symbolisme

La montée sur les hauteurs et la cornouille, rites du Double Neuf, deviennent les signes de l'absence : la fête souligne le manque.

Mouvement et Gestuelle

Le poète imagine le geste de ses frères qui « plantent partout » la cornouille — et qui, soudain, comptent une personne en moins.

Langage et Tonalité

Langue simple et directe ; le vers 每逢佳节倍思亲 est devenu proverbial pour dire la nostalgie redoublée des jours de fête.

Thématiques Principales

La Nostalgie du pays et des proches

L'éloignement transforme la fête en moment de manque : penser aux siens est d'autant plus vif qu'on est seul.

L'Absence vue de l'autre côté

Le poète ne dit pas seulement son manque : il imagine le vide qu'il laisse dans le cercle familial.

L'Universalité du sentiment

Cette émotion de l'exilé un jour de fête parle à toutes les époques, ce qui a rendu le poème célèbre.