Chapitre 5 du Classique des Montagnes et des Mers (partie 3)

Le Classique des montagnes du Centre (中山经 Zhōngshānjīng), présenté en trois pages, s'achève ici. Cette dernière tranche couvre les deux chaînes 中次十一经 et 中次十二经 (régions de la Han et du lac Dongting), puis les colophons finaux des Cinq Classiques des montagnes (五藏山经), avec les paroles de Yu le Grand. On y rencontre les Deux Filles de l'Empereur du mont Dongting. Le texte chinois est présenté avec sa transcription pinyin, suivi de la traduction française et de notes.

Onzième Classique du Centre — 中次十一经 (chaîne de Jingshan)

zhōngshíshānjīngjīngshānzhīshǒuyuēwàngzhīshāntuānshuǐchūyāndōngliúzhùkuàngshuǐchūyāndōngnánliúzhùhànzhōngduōjiāoshàngduōsōngbǎixiàduōyángduōchìjīnyīnduōmín

Le Onzième Classique du Centre, la chaîne de Jingshan. Sa première montagne se nomme le mont Yiwang (翼望). La rivière Tuan (湍水) en sort et coule vers l'est se jeter dans la Ji (濟) ; la rivière Kuang (貺水) en sort et coule vers le sud-est se jeter dans la Han (漢) ; elle abonde en dragons jiao (蛟). Son sommet abonde en pins et cyprès, son pied en laquiers et catalpas ; son versant sud en or rouge, son versant nord en jaspe (min 珉).


yòudōngběibǎishíyuēcháozhīshānshuǐchūyāndōngnánliúzhùróngzhōngduōrénshàngduōnánshòuduōlíngyǒucǎoyānmíngyuēmǎngcǎo

Cent cinquante li au nord-est se trouve le mont Zhaoge (朝歌). La rivière Wu (潕水) en sort et coule vers le sud-est se jeter dans la Rong (榮) ; elle abonde en salamandres. Son sommet abonde en catalpas et nanmu, ses bêtes surtout en gorals et élaphures. On y trouve une herbe nommée mangcao (莽草) ; on s'en sert pour empoisonner les poissons.


yòudōngnánèrbǎiyuēqūnzhīshānyángduōzhīyīnduōtiěqūnzhīshuǐchūshàngqiánxiàduōmíngshé

Deux cents li au sud-est se trouve le mont Diqun (帝囷). Son versant sud abonde en jade tufu, son versant nord en fer. La rivière Diqun (帝囷水) sourd à son sommet et s'engloutit à son pied ; elle abonde en serpents sonnants (mingshe 鳴蛇).


yòudōngnánshíyuēshìshānshàngduōjiǔyǒujǐngyānmíngyuētiānjǐngxiàyǒushuǐdōngjiéshàngduōsāngduōměièjīn

Cinquante li au sud-est se trouve le mont Shi (視山) ; son sommet abonde en ciboule. Il s'y trouve un puits nommé le « Puits céleste » (Tianjing 天井), qui a de l'eau en été et tarit en hiver. Son sommet abonde en mûriers, en belle craie, en or et en jade.


yòudōngnánèrbǎiyuēqiánshānduōzhūduōbǎiyángduōjīnyīnduōzhě

Deux cents li au sud-est se trouve le mont Qian (前山). Ses arbres surtout chênes zhu (櫧) et cyprès ; son versant sud abonde en or, son versant nord en ocre.


yòudōngnánsānbǎiyuēfēngshānyǒushòuyānzhuàngyuánchìchìhuìhuángshēnmíngyuēyōngjiànguóyǒukǒngshéngēngchùzhīchángyóuqīnglíngzhīyuānchūyǒuguāngjiànguówèibàiyǒujiǔzhōngyānshìzhīshuāngmíngshàngduōjīnxiàduōzuòniǔ橿jiāng

Trois cents li au sud-est se trouve le mont Feng (豐山). On y trouve une bête semblable au singe, aux yeux rouges, bec rouge et corps jaune, nommée yonghe (雍和) ; quand elle paraît, le pays connaît une grande terreur. Le dieu Gengfu (耕父) y réside ; il hante sans cesse le gouffre Qingleng (清泠), luisant quand il entre et sort, et quand il paraît, le pays va à la ruine. Il s'y trouve neuf cloches qui résonnent à l'approche du givre. Son sommet abonde en or, son pied en mûriers à papier, chênes, niu et jiang.


yòudōngběibǎiyuēchuángzhīshānyángduōtiěduōshǔcǎoduōběnluǎnwèisuāngānshízhěrén

Huit cents li au nord-est se trouve le mont Tuchuang (兔床). Son versant sud abonde en fer ; ses arbres surtout l'igname (shuyu 藷藇), ses herbes surtout le jigu (雞穀), dont la racine ressemble à un œuf de poule, à la saveur aigre-douce ; qui en mange en tire profit.


yòudōngliùshíyuēshānduōèduōzhěduōsōngbǎi

Soixante li à l'est se trouve le mont Pi (皮山) ; il abonde en craie et en ocre, ses arbres surtout pins et cyprès.


yòudōngliùshíyuēyáozhīshānduōnányīnduōqīngyángduōbáijīnyǒuniǎoyānzhuàngzhìhéngshífēimíngyuēzhèn

Soixante li à l'est se trouve le mont Yaobi (瑤碧). Ses arbres surtout catalpas et nanmu ; son versant nord abonde en minerai vert, son versant sud en argent. On y trouve un oiseau semblable au faisan, qui se nourrit habituellement d'insectes fei (蜚), nommé zhen (鴆).


yòudōngshíyuēzhīzhīshānshuǐchūyānnánliúzhùhànyǒuniǎoyānmíngyuēyīngsháozhuàngquèchìchìhuìbáishēnwěiruòsháomíngduōzuòniúduōqiányáng

Quarante li à l'est se trouve le mont Zhili (支離). La rivière Ji (濟水) en sort et coule vers le sud se jeter dans la Han. On y trouve un oiseau nommé yingshao (嬰勺), semblable à la pie, aux yeux rouges, bec rouge et corps blanc, à la queue en forme de cuiller ; son cri énonce son propre nom. Il abonde en zuoniu et qianyang.


yòudōngběishíyuēzhì𥮐kòuzhīshānshàngduōsōngbǎibǎi

Cinquante li au nord-est se trouve le mont Zhikou (祑𥮐) ; son sommet abonde en pins, cyprès et arbres ji (机).


yòu西běibǎiyuējǐnzhīshānshàngduōsōngbǎiduōměiyīnduōdānduōjīnshòuduōbàoyǒuniǎoyānzhuàngquèqīngshēnbáihuìbáibáiwěimíngyuēqīnggēngmíngjiào

Cent li au nord-ouest se trouve le mont Jinli (堇理). Son sommet abonde en pins et cyprès, et beaux catalpas ; son versant nord en cinabre (dan 丹䨼) et en or ; ses bêtes surtout panthères et tigres. On y trouve un oiseau semblable à la pie, à corps bleu-vert et bec blanc, yeux blancs et queue blanche, nommé qinggeng (青耕) ; il protège des épidémies, et son cri énonce son propre nom.


yòudōngnánsānshíyuēzhīshānshàngduōniǔ橿jiāngduōyǒushòuyānzhuàngquǎnzhǎoyǒujiǎmíngyuēlínshànyǎng𤘝yǎnshízhěfēng

Trente li au sud-est se trouve le mont Yigu (依軲). Son sommet abonde en niu et jiang, et en chanvre (ju 苴). On y trouve une bête semblable au chien, aux griffes de tigre et couverte d'écailles, nommée lin (獜) ; elle aime à bondir et culbuter ; qui en mange n'a pas de maux dus au vent.


yòudōngnánsānshíyuēzhīshānduōměiduōxuánbàoduōzhǔduōlíngchuòyángduōmínyīnduōqīng

Trente-cinq li au sud-est se trouve le mont Jigu (即谷) ; il abonde en beau jade, en panthères noires, en cerfs lü et zhu, en gorals et chuo. Son versant sud abonde en jaspe (min 珉), son versant nord en minerai vert.


yòudōngnánshíyuēshānshàngduōměiduōsāngcǎoduōjiǔ

Quarante li au sud-est se trouve le mont Ji (鷄山) ; son sommet abonde en beaux catalpas et mûriers, ses herbes surtout en ciboule.


yòudōngnánshíyuēgāoqiánzhīshānshàngyǒushuǐyānshènhánérqīngtáizhī漿jiāngyǐnzhīzhěxīntòngshàngyǒujīnxiàyǒuzhě

Cinquante li au sud-est se trouve le mont Gaoqian (高前). À son sommet sourd une eau très froide et limpide : c'est la « boisson de l'Empereur Tai » ; qui en boit n'a pas mal au cœur. Son sommet recèle de l'or, son pied de l'ocre.


yòudōngnánsānshíyuēyóuzhīshānduōniǔ橿jiāngduōduōfēngshí

Trente li au sud-est se trouve le mont Youxi (游戲) ; il abonde en niu, jiang et mûriers à papier, en jade et en pierre feng (封石).


yòudōngnánsānshíyuēcóngshānshàngduōsōngbǎixiàduōzhúcóngshuǐchūshàngqiánxiàzhōngduōsānbiēzhīwěishízhī

Trente-cinq li au sud-est se trouve le mont Cong (從山). Son sommet abonde en pins et cyprès, son pied en bambous. La rivière Cong (從水) sourd à son sommet et s'engloutit à son pied ; elle abonde en tortues à carapace molle à trois pattes et à queue fourchue ; qui en mange échappe aux maléfices et aux épidémies.


yòudōngnánsānshíyuēyīngzhēnzhīshānshàngduōsōngbǎixiàduō椿chūn

Trente li au sud-est se trouve le mont Yingping (嬰䃌) ; son sommet abonde en pins et cyprès, son pied en catalpas et ailantes (chun 椿).


yòudōngnánsānshíyuēshānyuànzhīshuǐchūyāndōngběiliúzhùshìzhōngduōshuǐduōjiāoshàngduōzhī

Trente li au sud-est se trouve le mont Bi (畢山). La rivière Diyuan (帝苑水) en sort et coule vers le nord-est se jeter dans la Shi (視) ; elle abonde en cristal de roche et en dragons jiao ; son sommet abonde en jade tufu.


yòudōngnánèrshíyuēzhīshānyǒushòuyānzhuànghuìchìdānhuǒmíngyuē𤟑huìjiànguó

Vingt li au sud-est se trouve le mont Lema (樂馬). On y trouve une bête semblable au hérisson (hui 彙), rouge comme le feu du cinabre, nommée hui (𤟑) ; quand elle paraît, le pays connaît une grande épidémie.


yòudōngnánèrshíyuēzhēnshānshìshuǐchūyāndōngnánliúzhùshuǐzhōngduōrénduōjiāoduōjié

Vingt-cinq li au sud-est se trouve le mont Zhen (葴山). La rivière Shi (視水) en sort et coule vers le sud-est se jeter dans la Ru (汝水) ; elle abonde en salamandres, en dragons jiao et en loutres xie (頡).


yòudōngshíyuēyīngshānxiàduōqīngshàngduōjīn

Quarante li à l'est se trouve le mont Ying (嬰山) ; son pied abonde en minerai vert, son sommet en or et en jade.


yòudōngsānshíyuēshǒuzhīshānduōchóu

Trente li à l'est se trouve le mont Hushou (虎首) ; il abonde en chanvre (ju 苴), en chou (椆) et ju (椐).


yòudōngèrshíyuēyīnghóuzhīshānshàngduōfēngshíxiàduōchì

Vingt li à l'est se trouve le mont Yinghou (嬰侯) ; son sommet abonde en pierre feng, son pied en étain rouge.


yòudōngshíyuēshúzhīshānshāshuǐchūyāndōngběiliúzhùshìshuǐzhōngduōbáiè

Cinquante li à l'est se trouve le mont Dashu (大孰). La rivière Sha (殺水) en sort et coule vers le nord-est se jeter dans la Shi ; elle abonde en craie blanche.


yòudōngshíyuēbēishānshàngduōtáoduōléi

Quarante li à l'est se trouve le mont Bei (卑山) ; son sommet abonde en pêchers, pruniers, chanvre et catalpas, et en glycine (lei 纍).


yòudōngsānshíyuēzhīshānshàngduōxiàduōjīnyǒushòuyānzhuàngfèishǔbáiěrbáihuìmíngyuējiànguóyǒubīng

Trente li à l'est se trouve le mont Yidi (倚帝). Son sommet abonde en jade, son pied en or. On y trouve une bête semblable au rat fei (鼣鼠), aux oreilles blanches et bec blanc, nommée juru (狙如) ; quand elle paraît, le pays connaît une grande guerre.


yòudōngsānshíyuēshānshuǐchūshàngqiánxiàzhōngduōměièshàngduōjīnxiàduōqīng

Trente li à l'est se trouve le mont Ni (鯢山). La rivière Ni (鯢水) sourd à son sommet et s'engloutit à son pied ; elle abonde en belle craie. Son sommet abonde en or, son pied en minerai vert.


yòudōngsānshíyuēshānfēngshuǐchūyāndōngliúzhùshìshuǐzhōngduōshàngduōměisāngxiàduōduōchìjīn

Trente li à l'est se trouve le mont Ya (雅山). La rivière Feng (灃水) en sort et coule vers l'est se jeter dans la Shi ; elle abonde en grands poissons. Son sommet abonde en beaux mûriers, son pied en chanvre et en or rouge.


yòudōngshíyuēxuānshānlúnshuǐchūyāndōngnánliúzhùshìshuǐzhōngduōjiāoshàngyǒusāngyānshíchǐzhīchǐchìhuánghuáqīngmíngyuēzhīsāng

Cinquante li à l'est se trouve le mont Xuan (宣山). La rivière Lun (淪水) en sort et coule vers le sud-est se jeter dans la Shi ; elle abonde en dragons jiao. À son sommet pousse un mûrier de cinquante pieds, dont les branches se divisent en quatre fourches et les feuilles font plus d'un pied, à veines rouges, fleurs jaunes et calice vert, nommé « le mûrier de la fille de l'Empereur » (Dìnǚ zhī sāng 帝女之桑).


yòudōngshíyuēhéngshānshàngduōqīngduōsāngniǎoduō

Quarante-cinq li à l'est se trouve le mont Heng (衡山) ; son sommet abonde en minerai vert et en mûriers, ses oiseaux surtout en merles (quyu 鸜鵒).


yòudōngshíyuēfēngshānshàngduōfēngshíduōsāngduōyángtáozhuàngtáoérfāngjīngwèizhāng

Quarante li à l'est se trouve le mont Feng (豐山) ; son sommet abonde en pierre feng, ses arbres surtout en mûriers et en yangtao (羊桃, actinidia), semblable au pêcher mais à tige carrée ; on s'en sert pour traiter les peaux gonflées.


yòudōngshíyuēshānshàngduōměixiàduōjīncǎoduō

Soixante-dix li à l'est se trouve le mont Yu (嫗山) ; son sommet abonde en beau jade, son pied en or, ses herbes surtout en jigu (雞穀).


yòudōngsānshíyuēxiānshānduōyóuniǔcǎoduō𧄸méndōngyángduōjīnyīnduōtiěyǒushòuyānzhuàngchìhuìchìbáiwěijiànyǒuhuǒmíngyuē𤝻

Trente li à l'est se trouve le mont Xian (鮮山). Ses arbres surtout chênes you, niu et chanvre ; ses herbes surtout le mendong (𧄸冬) ; son versant sud abonde en or, son versant nord en fer. On y trouve une bête semblable au mò (膜, chien sauvage), à bec rouge, yeux rouges et queue blanche ; quand elle paraît, la contrée connaît des incendies ; elle se nomme liji (𤝻即).


yòudōngsānshíyuēzhāngshānyángduōjīnyīnduōměishígāoshuǐchūyāndōngliúzhùshuǐzhōngduōcuìshí

Trente li à l'est se trouve le mont Zhang (章山). Son versant sud abonde en or, son versant nord en belles pierres. La rivière Gao (皋水) en sort et coule vers l'est se jeter dans la Feng (澧水) ; elle abonde en pierre friable (cuishi 脆石).


yòudōngèrshíyuēzhīzhīshānyángduōjīnduōzuòcǎo

Vingt-cinq li à l'est se trouve le mont Dazhi (大支). Son versant sud abonde en or, ses arbres surtout en mûriers à papier et chênes ; il est par ailleurs dépourvu d'herbe.


yòudōngshíyuēzhīshānduō

Cinquante li à l'est se trouve le mont Quwu (區吳) ; ses arbres surtout en chanvre (ju 苴).


yòudōngshíyuēshēngxiōngzhīshānduōduōshàngduōfēngshí

Cinquante li à l'est se trouve le mont Shengxiong (聲匈) ; ses arbres surtout en mûriers à papier ; il abonde en jade, et son sommet en pierre feng.


yòudōngshíyuēguīzhīshānyángduōchìjīnyīnduōshí

Cinquante li à l'est se trouve le mont Dagui (大騩) ; son versant sud abonde en or rouge, son versant nord en pierre à aiguiser (dishi 砥石).


yòudōngshíyuēzhǒngjiùzhīshāncǎo

Dix li à l'est se trouve le mont Zhongjiu (踵臼), dépourvu d'herbe et d'arbres.


yòudōngběishíyuēshízhīshānduōjīngyángduōhuángjīnyīnduōshíyǒushòuyānzhuàngérbáishǒuzhǎomíngyuēliángjiànguóyǒubīng

Soixante-dix li au nord-est se trouve le mont Lishi (歷石). Ses arbres surtout les arbustes jing et qi ; son versant sud abonde en or, son versant nord en pierre à aiguiser. On y trouve une bête semblable au chat sauvage, à tête blanche et griffes de tigre, nommée liangqu (梁渠) ; quand elle paraît, le pays connaît une grande guerre.


yòudōngnánbǎiyuēqiúshānqiúshuǐchūshàngqiánxiàzhōngyǒuměizhěduōduōmèiyángduōjīnyīnduōtiě

Cent li au sud-est se trouve le mont Qiu (求山). La rivière Qiu (求水) sourd à son sommet et s'engloutit à son pied ; elle renferme du bel ocre. Ses arbres surtout en chanvre et en bambou mei (䉋). Son versant sud abonde en or, son versant nord en fer.


yòudōngèrbǎiyuēchǒuyángzhīshānshàngduōchóuyǒuniǎoyānzhuàngérchìmíngyuē𩢢wénhuǒ

Deux cents li à l'est se trouve le mont Chouyang (丑陽). Son sommet abonde en chou (椆) et ju (椐). On y trouve un oiseau semblable au corbeau mais à pattes rouges, nommé wenyu (𩢢餘) ; il protège du feu.


yòudōngsānbǎiyuēàoshānshàngduōbǎiniǔ橿jiāngyángduōzhīàoshuǐchūyāndōngliúzhùshìshuǐ

Trois cents li à l'est se trouve le mont Ao (奧山). Son sommet abonde en cyprès, niu et jiang ; son versant sud en jade tufu. La rivière Ao (奧水) en sort et coule vers l'est se jeter dans la Shi.


yòudōngsānshíyuēshānduōshàngduōfēngshíxiàduōchì

Trente-cinq li à l'est se trouve le mont Fu (服山). Ses arbres surtout en chanvre ; son sommet abonde en pierre feng, son pied en étain rouge.


yòudōngsānbǎiyuēyǎoshānshàngduōjiāróngcǎoduōjīn

Trois cents li à l'est se trouve le mont Yao (杳山) ; son sommet abonde en herbe jiarong (嘉榮草), en or et en jade.


yòudōngsānbǎishíyuēshānduōyóutánniǔcǎoduōxiāngyǒushòuyānzhuàngzhìhuángshēnbáitóubáiwěimíngyuēwén𧲂línjiàntiānxiàfēng

Trois cent cinquante li à l'est se trouve le mont Ji (几山). Ses arbres surtout chênes you, santals et niu ; ses herbes surtout odorantes. On y trouve une bête semblable au porc, à corps jaune, tête blanche et queue blanche, nommée wenlin (聞𧲂) ; quand elle paraît, l'empire connaît de grands vents.


fánjīngshānzhīshǒuwàngzhīshānzhìshānfánshíshānsānqiānbǎisānshíèrshénzhuàngjiēzhìshēnrénshǒumáoyòngxióngyòngguīyòngzhǒngzhījīngshāntàiláozhīxiūdàomáoyòngniúchángshānshānzhǒngjiēdàoxiūmáoshǎoláoyīngmáo

En tout, depuis le mont Yiwang jusqu'au mont Ji, la chaîne de Jingshan compte quarante-huit montagnes, sur trois mille sept cent trente-deux li. Leurs divinités ont toutes un corps de porc et une tête humaine. Pour leur culte : on offre un coq en supplique, on enfouit une tablette de jade (gui 珪), et l'on emploie comme grain sacré l'essence des cinq céréales. Le mont He est un « dieu-empereur » ; pour son culte, on emploie l'attirail du grand sacrifice (tailao), on présente et on enfouit les offrandes, victime renversée, avec un disque de jade, sans bœuf fixe. Les monts Du et Yu sont des tertres sacrés ; on les sacrifie victime renversée, en présentant le petit sacrifice (shaolao) et en suspendant du jade propice.


Douzième Classique du Centre — 中次十二经 (chaîne du Dongting)

zhōngshíèrjīngdòngtíngshānzhīshǒuyuēpiānzhīshāncǎoduōhuángjīn

Le Douzième Classique du Centre, la chaîne du Dongting. Sa première montagne se nomme le mont Pianyu (篇遇), dépourvu d'herbe et d'arbres, abondant en or.


yòudōngnánshíyuēyúnshāncǎoyǒuguìzhúshènshāngrénshàngduōhuángjīnxiàduōzhī

Cinquante li au sud-est se trouve le mont Yun (雲山), dépourvu d'herbe et d'arbres. On y trouve le bambou-cannelier (guizhu 桂竹), très vénéneux : qui s'y blesse meurt à coup sûr. Son sommet abonde en or, son pied en jade tufu.


yòudōngnánbǎisānshíyuēguīshānduōzuòchóushàngduōhuángjīnxiàduōqīngxiónghuángduōzhú

Cent trente li au sud-est se trouve le mont Gui (龜山). Ses arbres surtout mûriers à papier, chênes, chou et ju ; son sommet abonde en or, son pied en réalgar vert et en bambou fu (扶竹).


yòudōngshíyuēbǐngshānduōguìzhúduōhuángjīntóngtiě

Soixante-dix li à l'est se trouve le mont Bing (丙山) ; il abonde en bambou gui (筀竹), en or, cuivre et fer, et il est sans arbres.


yòudōngnánshíyuēfēngzhīshānshàngduōjīnxiàduōsuānshíwénshíduōtiěduōliǔniǔtánchǔdōngyǒulínyānmíngyuēmǎngzhīlínduōměiniǎoshòu

Cinquante li au sud-est se trouve le mont Fengbo (風伯). Son sommet abonde en or et en jade, son pied en pierre suan (痠石) et pierres veinées, et en fer ; ses arbres surtout saules, niu, santals et mûriers à papier. À l'est s'étend une forêt nommée Mangfu (莽浮), riche en beaux arbres, oiseaux et bêtes.


yòudōngbǎishíyuēzhīshānshàngduōhuángjīnxiàduōqīngxiónghuángduōsāngchǔcǎoduōzhúshénérzhīzhuàngrénshēnérshēncāoliǎngshéchángyóujiāngyuānchūyǒuguāng

Cent cinquante li à l'est se trouve le mont Fufu (夫夫). Son sommet abonde en or, son pied en réalgar vert ; ses arbres surtout mûriers et mûriers à papier, ses herbes surtout bambous et jigu (雞鼓). Le dieu Yu'er (于兒) y réside ; il a un corps humain et porte deux serpents enroulés autour du corps, et hante sans cesse le gouffre du Fleuve, luisant quand il entre et sort.


yòudōngnánbǎièrshíyuēdòngtíngzhīshānshàngduōhuángjīnxiàduōyíntiěduōzhāyóucǎoduōjiānsháoyàoxiōngqióngzhīèrzhīshìchángyóujiāngyuānyuánzhīfēngjiāoxiāoxiāngzhīyuānshìzàijiǔjiāngzhījiānchūpiāofēngbàoshìduōguàishénzhuàngrénérzàishézuǒyòushǒucāoshéduōguàiniǎo

Cent vingt li au sud-est se trouve le mont Dongting (洞庭). Son sommet abonde en or, son pied en argent et en fer ; ses arbres surtout poiriers zha, poiriers li (棃), orangers et pomelos ; ses herbes surtout jian (葌), angélique (miwu 蘪蕪), pivoine et livèche (xiongqiong 芎藭). Les deux filles de l'Empereur y résident ; elles hantent sans cesse le gouffre du Fleuve. Les vents de la Li et de la Yuan se croisent aux gouffres de la Xiao et de la Xiang, entre les Neuf-Fleuves (Jiujiang) ; quand elles entrent et sortent, ce sont immanquablement tourbillons de vent et pluies violentes. On y trouve quantité d'esprits étranges, d'aspect humain, portant un serpent dans chaque main. On y trouve quantité d'oiseaux étranges.


yòudōngnánbǎishíyuēbàoshānduōzōngnánjīngzhújiànmèijùnshàngduōhuángjīnxiàduōwénshítiěshòuduō鹿𪊨jiù

Cent quatre-vingts li au sud-est se trouve le mont Bao (暴山). Ses arbres surtout palmiers, nanmu, arbustes jing et qi, bambous à flèches, mei (䉋) et jun (箘) ; son sommet abonde en or et en jade, son pied en pierres veinées et en fer ; ses bêtes surtout élaphures, cerfs, ji (𪊨) et milans jiu (就).


yòudōngnánèrbǎiyuēgōngzhīshānshàngduōhuángjīnxiàduōzhīduōliǔniǔtánsāngyǒushòuyānzhuàngguīérbáishēnchìshǒumíngyuēguǐshìhuǒ

Deux cents li au sud-est se trouve le mont Jigong (即公). Son sommet abonde en or, son pied en jade tufu ; ses arbres surtout saules, niu, santals et mûriers. On y trouve une bête semblable à la tortue, à corps blanc et tête rouge, nommée gui (蛫) ; elle protège du feu.


yòudōngnánbǎishíjiǔyuēyáoshānyīnduōhuángèyángduōhuángjīnduōjīngliǔtáncǎoduōshǔ𦬸tuó

Cent cinquante-neuf li au sud-est se trouve le mont Yao (堯山). Son versant nord abonde en craie jaune, son versant sud en or ; ses arbres surtout jing, qi, saules et santals ; ses herbes surtout l'igname (shuyu 藷藇) et le tuo (𦬸).


yòudōngnánbǎiyuējiāngzhīshānshàngduōyíncǎoshòuduōshǐ鹿

Cent li au sud-est se trouve le mont Jiangfu (江浮). Son sommet abonde en argent et en pierre à aiguiser ; il est dépourvu d'herbe et d'arbres, ses bêtes surtout sangliers et cerfs.


yòudōngèrbǎiyuēzhēnlíngzhīshānshàngduōhuángjīnxiàduōduōzuòliǔniǔcǎoduōróngcǎo

Deux cents li à l'est se trouve le mont Zhenling (真陵). Son sommet abonde en or, son pied en jade ; ses arbres surtout mûriers à papier, chênes, saules et niu ; ses herbes surtout le rongcao (榮草).


yòudōngnánbǎièrshíyuēyángzhīshānduōměitóngduōtánniǔ檿yǎnchǔshòuduōlíngshè

Cent vingt li au sud-est se trouve le mont Yangdi (陽帝) ; il abonde en beau cuivre, ses arbres surtout santals, niu, mûriers sauvages (yan 檿) et mûriers à papier, ses bêtes surtout gorals et cerfs musqués (she 麝).


yòunánjiǔshíyuēcháisāngzhīshānshàngduōyínxiàduōduōgànshízhěduōliǔchǔsāngshòuduō鹿duōbáishéfēishé

Quatre-vingt-dix li au sud se trouve le mont Chaisang (柴桑). Son sommet abonde en argent, son pied en jaspe, en pierre tendre (ganshi 汵石) et en ocre ; ses arbres surtout saules, qi, mûriers à papier et mûriers ; ses bêtes surtout élaphures et cerfs, et beaucoup de serpents blancs et de serpents volants.


yòudōngèrbǎisānshíyuēróngzhīshānshàngduōtóngxiàduōyínduōliǔchóngduōguàishéguàichóng

Deux cent trente li à l'est se trouve le mont Rongyu (榮余). Son sommet abonde en cuivre, son pied en argent ; ses arbres surtout saules et qi ; ses bestioles surtout serpents et insectes étranges.


fándòngtíngshānzhīshǒupiānzhīshānzhìróngzhīshānfánshíshānèrqiānbǎishénzhuàngjiēniǎoshēnérlóngshǒumáoyòngxióngpìntúnyòngfánzhīshāngōngzhīshānyáoshānyángzhīshānjiēzhǒngjiēyòngjiǔmáoyòngshǎoláoyīngmáodòngtíngróngshānshénjiējiǔtàiláoyīngyòngguīshícǎihuìzhī

En tout, depuis le mont Pianyu jusqu'au mont Rongyu, la chaîne du Dongting compte quinze montagnes, sur deux mille huit cents li. Leurs divinités ont toutes un corps d'oiseau et une tête de dragon. Pour leur culte : on égorge un coq et une truie, et l'on emploie du riz glutineux comme grain sacré. Les monts Fufu, Jigong, Yao et Yangdi sont tous des tertres sacrés ; pour leur culte, on dispose et on enfouit les offrandes, on prie avec du vin et le petit sacrifice (shaolao), et l'on suspend un jade propice. Les monts Dongting et Rongyu abritent des dieux majeurs ; pour leur culte, on dispose et on enfouit les offrandes, on prie avec du vin et le grand sacrifice (tailao), et l'on suspend quinze gui et bi, ornés des cinq couleurs.


Colophons finaux des Cinq Classiques des montagnes (五藏山经)

yòuzhōngjīngzhīshānzhìfánbǎijiǔshíshānèrwànqiānsānbǎishí

Tel est le registre des montagnes du Classique du Centre : en tout cent quatre-vingt-dix-sept montagnes, sur vingt et un mille trois cent soixante et onze li.


fántiānxiàmíngshānqiānsānbǎishífánliùwànqiānshíliù

Au total, les montagnes fameuses de l'empire sont au nombre de cinq mille trois cent soixante-dix, occupant en tout soixante-quatre mille cinquante-six li de terre.


yuētiānxiàmíngshānjīngqiānsānbǎishíshānliùwànqiānshíliùyánzānggàixiǎoshānshènzhòngyúntiānzhīdōng西èrwànqiānnánběièrwànliùqiānchūshuǐzhīshānzhěqiānshòushuǐzhěqiānchūtóngzhīshānbǎiliùshíchūtiězhīshānsānqiānliùbǎijiǔshítiānzhīsuǒfēnrǎngshùmáozhīsuǒdāoshāzhīsuǒnéngzhěyǒuzhuōzhěfēngtàishānshànliángshíèrjiāshīzhīshùjiēzàinèishìwèiguóyòng

Yu dit : les montagnes fameuses de l'empire — le Classique en recense cinq mille trois cent soixante-dix, sur soixante-quatre mille cinquante-six li de terre. C'est ce qu'on appelle les « Cinq Trésors » (wuzang) ; les autres petites montagnes, fort nombreuses, ne méritent pas d'être consignées. D'est en ouest, le monde s'étend sur vingt-huit mille li ; du sud au nord, sur vingt-six mille li. Les montagnes d'où sortent des eaux couvrent huit mille li, celles qui les reçoivent huit mille li ; les montagnes produisant du cuivre sont au nombre de quatre cent soixante-sept, celles produisant du fer de trois mille six cent quatre-vingt-dix. C'est là que le Ciel et la Terre répartissent les terres et font pousser les céréales, que naissent lances et hallebardes, que s'élaborent couteaux et glaives ; l'habile y trouve l'abondance, le malhabile le manque. On sacrifie au mont Tai, on rend hommage au mont Liangfu : soixante-douze maisons ; le compte des fortunes et des pertes tient tout entier là-dedans — voilà ce qui fait la richesse de l'État.


yòuzāngshānjīngpiānfánwànqiānbǎisān

Tels sont les cinq livres des « Classiques des Trésors des montagnes » (Wǔzàng Shānjīng) : en tout, quinze mille cinq cent trois caractères.

Notes

Fin de l'œuvre. Cette page clôt le 中山经 et, avec lui, l'ensemble des « Cinq Classiques des montagnes » (五藏山经 : Sud, Ouest, Nord, Est, Centre). Les quatre derniers passages sont des colophons récapitulatifs : total des monts du Centre (197), total général de l'empire (5 370 monts, 64 056 li), le célèbre discours attribué à Yu le Grand, et la mention finale comptant 15 503 caractères pour les cinq livres.

Les Deux Filles de l'Empereur. Au mont Dongting résident « les deux filles de l'Empereur », divinités du grand lac et des rivières Xiang, associées dans la tradition postérieure à Ehuang et Nüying, épouses de Shun. Le dieu Yu'er, qui tient deux serpents, y règne aussi.

Versant sud / versant nord (其阳 / 其阴). 阳 (yáng) = versant ensoleillé (sud) ; 阴 (yīn) = versant ombragé (nord).

Formules récurrentes. « Qui en mange / consomme… » (食之 / 服之) ; « quand il paraît… » (见则) signale les présages (guerre 兵, épidémie 疫, terreur 恐, grand vent 大风) ; « son cri énonce son propre nom » (其鸣自呼). Les colophons décrivent des rites particuliers (victime « renversée », égorgement, suspension de jade).

Identifications incertaines. De nombreux noms de plantes, minéraux et créatures n'ont pas d'équivalent assuré ; ils sont transcrits en pinyin avec les caractères, les rendus français suivant les gloses traditionnelles (Guo Pu, Hao Yixing).

Texte chinois d'après le Chinese Text Project (ctext.org). Traduction et notes : Chine-culture.com.