Le thé et ses usages

On appelle 茶 chá aussi bien l'arbuste que ses feuilles et la boisson qu'on en tire. On le boit, 喝茶 hē chá, mais surtout on le prépare, 泡茶 pào chá, littéralement « faire tremper le thé », et c'est là que commence toute une culture. Le caractère se décompose volontiers en une herbe 艹, un homme 人 et un arbre 木 : l'homme entre les plantes. C'est un bon moyen mnémotechnique, mais ce n'est pas une étymologie. 茶 vient de 荼 tú, une plante amère du Classique des vers, dont on aurait retiré un trait vers l'époque des Tang pour distinguer le thé des autres herbes. Quand exactement, les spécialistes en discutent encore. D'autres noms anciens survivent dans la langue écrite, comme 茗 míng, qu'on retrouve dans le 品茗杯 pǐnmíngbēi, la petite tasse de dégustation.

Le premier livre consacré au thé est le 茶经 Chájīng, le Classique du thé, écrit dans la seconde moitié du VIIIe siècle par 陆羽 Lù Yǔ, que la tradition appelle le 茶圣 cháshèng, « le saint du thé ». Il s'ouvre sur la phrase 25 de la liste : 茶者,南方之嘉木也, « le thé est un arbre excellent du Sud ». Attention, le thé de Lu Yu ne ressemble pas au nôtre : on le pressait en galettes, que l'on grillait, broyait, puis faisait bouillir avec une pincée de sel. Lu Yu s'en contentait. Par contre, ceux qui y ajoutaient ciboule, gingembre, jujubes, écorce d'orange ou menthe buvaient selon lui de « l'eau jetée au fossé ». Il n'était pas tendre.

Sous les Song, la mode passe au thé en poudre, fouetté au pinceau de bambou dans des bols noirs : c'est le 点茶 diǎnchá. Les lettrés s'affrontaient au 斗茶 dòuchá, le concours de thé, où gagnait l'écume la plus blanche et la plus tenace. Un moine japonais, Eisai, rapporte ce thé battu au Japon à la fin du XIIe siècle ; il y est toujours, sous le nom de matcha, notre 抹茶 mǒchá. En Chine, en revanche, il disparaît. En 1391, le fondateur des Ming abolit le tribut des galettes au profit des feuilles entières, pour épargner la peine des paysans à ce qu'on raconte, et l'on se met à faire infuser le thé dans des théières. C'est l'époque où naissent les 紫砂壶 zǐshāhú de Yixing. Le mot 茶道 chádào, « la voie du thé », existe bien en chinois depuis les Tang, mais il évoque aujourd'hui le Japon : on lui préfère 茶艺 cháyì, « l'art du thé », un mot lancé à Taïwan à la fin des années 1970, si je ne me trompe pas, justement pour s'en distinguer.

Les Chinois rangent le thé en 六大茶类 liù dà chálèi, six grandes familles, selon la façon dont on traite la feuille après la cueillette : 绿茶 lǜchá vert, 白茶 báichá blanc, 黄茶 huángchá jaune, 乌龙茶 wūlóngchá oolong (le « dragon noir »), 红茶 hóngchá et 黑茶 hēichá. Attention au piège : le 红茶, « thé rouge » en chinois, est ce que nous appelons le thé noir. Les Chinois regardent la couleur de l'infusion, nous celle de la feuille. Et le 黑茶, le « thé noir » des Chinois, est tout autre chose : un thé sombre, pressé en briques ou en galettes, qui vieillit pendant des années, comme le 普洱茶 pǔ'ěrchá du Yunnan. On dit 发酵 fājiào, « fermentation », pour toutes ces familles. En réalité, c'est une oxydation de la feuille ; seul le 黑茶 fermente vraiment.

Les grands crus portent des noms de poèmes. Le 龙井 Lóngjǐng de Hangzhou est « le puits du dragon », et le meilleur est le 明前茶 míngqiánchá, cueilli avant la fête de Qingming, début avril. Le 铁观音 Tiěguānyīn est la « Guanyin de fer », et le 大红袍 Dàhóngpáo « la grande robe rouge » : chacun a sa légende, souvent plusieurs, et aucune ne se vérifie. Le 碧螺春 Bìluóchūn, « la spirale de jade du printemps », se serait d'abord appelé 吓煞人香 xiàshārénxiāng, « le parfum à faire mourir de peur », jusqu'à ce que l'empereur Kangxi, de passage au lac Tai, le trouve un peu vulgaire et le rebaptise. L'histoire est belle. Quant au lapsang souchong, 正山小种 Zhèngshān xiǎozhǒng, « souchong » est la prononciation fujianaise de 小种, « petite variété » ; pour « lapsang », personne ne s'accorde.

Le thé a d'ailleurs voyagé avec deux prononciations. Là où il est parti par la mer, depuis les ports du Fujian, il a gardé la prononciation locale te, portée par les Hollandais : d'où l'anglais tea, l'allemand Tee et notre « thé ». Là où il est parti par la terre, ou par Macao, il a gardé cha : le portugais chá, le russe чай, le turc çay, l'arabe shāy. Le reste du monde se partage à peu près entre ces deux familles. On peut deviner la route du thé rien qu'en écoutant son nom, et celle du 茶马古道 chámǎ gǔdào, l'ancienne route du thé et des chevaux, montait du Yunnan et du Sichuan jusqu'au Tibet, où l'on échangeait des briques de thé contre des chevaux.

La préparation la plus soignée est le 功夫茶 gōngfuchá du Fujian et de la région de Chaozhou. Le 功夫 est le même que celui du kung-fu (voir notre page Kungfu) : le temps, la patience et la maîtrise qu'on met dans une chose. On écrit aussi 工夫茶, et les deux graphies ont leurs partisans. On ébouillante les tasses, 温杯 wēn bēi, on rince les feuilles, 洗茶 xǐ chá (la première infusion ne se boit pas), puis on multiplie les infusions très courtes dans une petite théière ou un 盖碗 gàiwǎn. L'infusion passe ensuite dans un 公道杯 gōngdàobēi, littéralement « la tasse de l'équité » : sans elle, la dernière tasse servie serait plus forte que la première. Un bon oolong est 耐泡 nàipào, il supporte sept ou huit infusions.

Le thé est d'abord un geste d'accueil : 客来敬茶, « quand vient un invité, on lui offre le thé ». Pour remercier celui qui vous sert, on tapote la table de deux doigts repliés, le 叩指礼 kòuzhǐlǐ. On raconte que l'empereur Qianlong, voyageant incognito, servit le thé à ses serviteurs ; ceux-ci ne pouvant se prosterner sans le trahir, ils auraient imité la prosternation avec leurs doigts. C'est joli. Rien ne prouve que ce soit vrai. Chez les mandarins des Qing, au contraire, lever sa tasse sans boire signifiait la fin de l'audience : c'est le 端茶送客 duān chá sòng kè. Et quand on ne boit pas d'alcool, on trinque 以茶代酒 yǐ chá dài jiǔ, « avec le thé à la place de l'alcool ». L'expression remonte aux Trois Royaumes, à un lettré qui ne tenait pas le vin et à qui son souverain faisait discrètement servir du thé.

Le thé entre aussi dans le mariage. Autrefois, les présents de fiançailles s'appelaient le 茶礼 chálǐ, parce qu'un théier, disait-on, ne se transplante pas : la fiancée ne changerait plus de famille. Les botanistes seraient d'un autre avis, mais le symbole a tenu. Aujourd'hui encore, la mariée offre le thé à ses beaux-parents. Et les moines ont leur part : au maître chan 赵州 Zhàozhōu, qui demandait à chaque visiteur s'il était déjà venu, on répondait oui ou non, et il disait à tous la même chose : 吃茶去 chī chá qù, « allez boire le thé ! ». Réponse d'impatience, ou invitation à vivre le moment présent ? Les commentateurs s'en disputent depuis mille ans.

Dans la vie de tous les jours, le thé est partout. Il y a les 茶馆 cháguǎn de Chengdu, où l'on joue aux cartes ou au mahjong toute la journée, et la pièce de Lao She qui porte ce nom ; les 茶楼 chálóu de Canton et leur 早茶 (voir Les cuisines de Chine et du monde) ; au bureau, le 茶水间 cháshuǐjiān, la kitchenette, et dans les colloques, le 茶歇 cháxiē, la pause. Le 下午茶 xiàwǔchá, lui, revient d'Angleterre. Et il y a le 保温杯 bǎowēnbēi, la bouteille isotherme remplie de feuilles, que tout Chinois de plus de quarante ans porte avec lui (on s'en moque sur Internet, mais je ne suis pas sûr de pouvoir le leur reprocher). Attention, en revanche, au 凉茶 cantonais : ce n'est pas du thé, c'est une décoction de plantes médicinales (voir Se soigner).

La langue en a gardé des expressions. Le thé fait partie des 开门七件事 kāimén qī jiàn shì, les sept choses qu'il faut avoir en ouvrant sa porte le matin : 柴米油盐酱醋茶, le bois, le riz, l'huile, le sel, la sauce, le vinaigre et le thé (voir Du riz au dessert). Vivre de 粗茶淡饭 cū chá dàn fàn, « thé grossier et riz fade », c'est vivre simplement. Et 人走茶凉 rén zǒu chá liáng, « la personne partie, le thé refroidit », dit l'oubli qui suit le départ, celui du retraité que plus personne ne vient voir. Les autres boissons, l'alcool, le café et les jus, auront la page suivante.

La phrase 24 est du poète 卢仝 Lú Tóng, un poète des Tang, ami de Han Yu (voir La poésie de la dynastie Tang), qui remercie un ami de lui avoir envoyé du thé nouveau. Il compte les bols : 一碗喉吻润,两碗破孤闷, « un bol humecte la gorge et les lèvres, deux bols chassent la solitude et l'ennui ». Au cinquième, les os s'allègent ; au sixième, il communique avec les immortels. Le septième, il ne peut plus le boire : il sent seulement la brise se lever sous ses aisselles. Arrêtez-vous au deuxième.

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Mode d'emploi : chaque mot porte son niveau. ① l'essentiel, ② le courant, ③ le précis. Commencez par les ① : ils suffisent déjà pour parler du thé, de sa préparation et de ses usages. Le bouton ▶ donne la prononciation, et un clic sur un caractère ouvre son ordre des traits.

Boire le thé

茶 chá ①
le thé
喝茶 hē chá ①
boire du thé
茶叶 cháyè ①
les feuilles de thé, le thé (en feuilles)
泡茶 pào chá ①
faire infuser le thé, préparer le thé
茶杯 chábēi ①
la tasse à thé
茶壶 cháhú ①
la théière
茶馆 cháguǎn ①
la maison de thé
热茶 rè chá ①
du thé chaud
茶包 chábāo ①
le sachet de thé
请喝茶 qǐng hē chá ①
« Prenez du thé » (formule d'accueil)
倒茶 dào chá ①
verser le thé, servir le thé
一壶茶 yì hú chá ①
une théière de thé
茶水 cháshuǐ ①
le thé (la boisson), l'eau de thé
沏茶 qī chá ②
infuser le thé (en versant l'eau bouillante)
茶楼 chálóu ②
la maison de thé à étage (à la cantonaise)

Les familles de thé

绿茶 lǜchá ①
le thé vert
红茶 hóngchá ①
le thé noir (« thé rouge » en chinois)
花茶 huāchá ①
le thé parfumé aux fleurs
乌龙茶 wūlóngchá ①
le thé oolong (« dragon noir »), thé semi-oxydé
茉莉花茶 mòlìhuāchá ①
le thé au jasmin
普洱茶 pǔ'ěrchá ①
le thé pu'er (du Yunnan)
菊花茶 júhuāchá ②
l'infusion de chrysanthème
白茶 báichá ②
le thé blanc
黑茶 hēichá ②
le thé sombre, post-fermenté (≠ le « thé noir » occidental)
新茶 xīnchá ②
le thé de l'année, la nouvelle récolte
抹茶 mǒchá ②
le matcha, le thé vert en poudre
茶饼 chábǐng ②
la galette de thé pressé
黄茶 huángchá ③
le thé jaune
六大茶类 liù dà chálèi ③
les six grandes familles de thé
砖茶 zhuānchá ③
le thé en brique
陈茶 chénchá ③
le thé vieilli ; le vieux thé

Les thés célèbres

龙井 Lóngjǐng ①
le Longjing (« puits du dragon »), thé vert de Hangzhou
名茶 míngchá ②
le thé renommé, le grand cru
铁观音 Tiěguānyīn ②
le Tieguanyin (« Guanyin de fer »), oolong du Fujian
高山茶 gāoshānchá ②
le thé de haute montagne
碧螺春 Bìluóchūn ②
le Biluochun (« spirale de jade du printemps »), thé vert du lac Tai
大红袍 Dàhóngpáo ②
le Da Hong Pao (« grande robe rouge »), oolong des monts Wuyi
毛峰 máofēng ③
le Maofeng (« pic duveteux »), thé vert du Huangshan
祁门红茶 Qímén hóngchá ③
le Keemun, thé noir de Qimen (Anhui)
正山小种 Zhèngshān xiǎozhǒng ③
le lapsang souchong, thé noir fumé des monts Wuyi
白毫银针 báiháo yínzhēn ③
les « aiguilles d'argent », thé blanc du Fujian
明前茶 míngqiánchá ③
le thé cueilli avant la fête de Qingming (début avril)

Les objets du thé

茶具 chájù ①
le service à thé, les ustensiles du thé
玻璃杯 bōlibēi ①
le verre (à boire)
保温杯 bǎowēnbēi ①
la bouteille isotherme, le mug isotherme
茶盘 chápán ②
le plateau à thé
盖碗 gàiwǎn ②
le gaiwan, le bol à couvercle
紫砂壶 zǐshāhú ②
la théière en terre de Yixing (« sable pourpre »)
茶叶罐 cháyèguàn ②
la boîte à thé
烧水壶 shāoshuǐhú ②
la bouilloire
公道杯 gōngdàobēi ②
le pichet d'équité, où l'on verse l'infusion pour la répartir
品茗杯 pǐnmíngbēi ③
la petite tasse de dégustation
茶漏 chálòu ③
le filtre à thé
茶巾 chájīn ③
la serviette à thé
茶宠 cháchǒng ③
le « familier du thé », figurine de terre qu'on arrose de thé
茶垢 chágòu ③
le dépôt de thé (dans une tasse, une théière)
茶托 chátuō ③
la soucoupe (sous la tasse)

Préparer le thé

烧水 shāo shuǐ ①
faire bouillir de l'eau
浓茶 nóngchá ①
du thé fort
水温 shuǐwēn ②
la température de l'eau
冲泡 chōngpào ②
infuser (en versant l'eau sur les feuilles)
洗茶 xǐ chá ②
rincer les feuilles (« laver le thé »)
茶汤 chátāng ②
l'infusion, la liqueur du thé
续水 xù shuǐ ②
remettre de l'eau
温杯 wēn bēi ③
réchauffer les tasses (en les ébouillantant)
出汤 chū tāng ③
verser l'infusion (hors de la théière)
耐泡 nàipào ③
qui supporte de nombreuses infusions
投茶 tóu chá ③
mettre les feuilles dans la théière

Goûter le thé

品茶 pǐn chá ①
déguster le thé
茶香 cháxiāng ①
le parfum du thé
解渴 jiěkě ①
étancher la soif, désaltérer
提神 tíshén ①
réveiller, donner un coup de fouet
清香 qīngxiāng ②
un parfum frais et délicat
苦涩 kǔsè ②
amer et astringent
茶色 chásè ②
la couleur du thé ; brun clair, fumé (verre)
喝不惯 hē bu guàn ②
ne pas s'habituer à boire (quelque chose)
回甘 huígān ②
la douceur qui revient en bouche
醇厚 chúnhòu ③
rond, riche, moelleux (goût)
解腻 jiěnì ③
couper le gras (après un repas lourd)
余香 yúxiāng ③
le parfum qui persiste, l'arrière-goût parfumé

Usages et rites

茶道 chádào ①
la voie du thé, l'art du thé
敬茶 jìng chá ②
offrir le thé (en signe de respect)
以茶代酒 yǐ chá dài jiǔ ②
remplacer l'alcool par le thé (pour trinquer)
茶艺 cháyì ②
l'art de préparer et de servir le thé
功夫茶 gōngfuchá ②
le gongfu cha, thé préparé avec soin en petites infusions
茶艺师 cháyìshī ②
le maître de thé (métier)
客来敬茶 kè lái jìng chá ③
quand vient un invité, on lui offre le thé
叩指礼 kòuzhǐlǐ ③
remercier en tapotant la table du doigt
斗茶 dòuchá ③
le concours de thé (sous les Song)
点茶 diǎnchá ③
le thé battu (poudre fouettée, sous les Song)
端茶送客 duān chá sòng kè ③
lever sa tasse pour signifier la fin d'une visite
吃茶去 chī chá qù ③
« Allez boire le thé ! » (réponse du maître chan Zhaozhou)
茶礼 chálǐ ③
les présents de fiançailles (dont le thé)

Du théier à la boutique

茶叶店 cháyèdiàn ①
la boutique de thé
茶树 cháshù ②
le théier
茶园 cháyuán ②
la plantation de thé, le jardin de thé
采茶 cǎi chá ②
cueillir le thé
茶农 chánóng ②
le cultivateur de thé
产地 chǎndì ②
le lieu de production, la provenance
春茶 chūnchá ②
le thé de printemps
发酵 fājiào ②
la fermentation (pour le thé, l'oxydation)
嫩芽 nènyá ③
le bourgeon tendre
炒茶 chǎo chá ③
torréfier le thé au wok (pour fixer les feuilles)
茶庄 cházhuāng ③
la maison de négoce de thé
茶马古道 chámǎ gǔdào ③
l'ancienne route du thé et des chevaux
茶圣 cháshèng ③
le « saint du thé » (Lu Yu)

Le thé dans les expressions

茶余饭后 chá yú fàn hòu ②
« après le thé et le repas » : à ses heures perdues, dans les conversations
粗茶淡饭 cū chá dàn fàn ②
« thé grossier et riz fade » : une vie simple et frugale
人走茶凉 rén zǒu chá liáng ②
« la personne partie, le thé refroidit » : l'oubli qui suit le départ
茶饭不思 chá fàn bù sī ③
« ne penser ni au thé ni au riz » : en perdre l'appétit
茶壶里煮饺子,有口倒不出 cháhú li zhǔ jiǎozi, yǒu kǒu dào bu chū ③
« des raviolis cuits dans une théière : il y a un bec, rien ne sort » : ne pas savoir dire ce qu'on sait
茶来伸手,饭来张口 chá lái shēn shǒu, fàn lái zhāng kǒu ③
« le thé arrive, on tend la main ; le riz arrive, on ouvre la bouche » : se faire servir en tout
开门七件事 kāimén qī jiàn shì ③
« les sept choses de la porte » : les nécessités du quotidien
杯水车薪 bēi shuǐ chē xīn ③
« une tasse d'eau sur une charrette de bois en feu » : une goutte d'eau dans la mer
以茶会友 yǐ chá huì yǒu ③
se faire des amis autour du thé

Le thé dans les mots de tous les jours

下午茶 xiàwǔchá ①
le thé de l'après-midi, le goûter
茶点 chádiǎn ①
les douceurs servies avec le thé
茶话会 cháhuàhuì ②
la réunion amicale autour d'un thé, la petite fête (d'école, d'entreprise)
茶水间 cháshuǐjiān ②
la kitchenette (au bureau)
茶歇 cháxiē ②
la pause (« pause thé ») d'une réunion
茶饮 cháyǐn ②
les boissons au thé
茶友 cháyǒu ②
l'ami avec qui l'on boit le thé, l'amateur de thé
清茶 qīngchá ②
le thé seul, sans rien à grignoter
茶客 chákè ③
l'habitué des maisons de thé
茶钱 cháqián ③
le prix du thé ; le pourboire

Phrases d'exemple

你喝茶还是喝咖啡? ①
Nǐ hē chá háishi hē kāfēi?
Tu prends du thé ou du café ?
来,请喝杯茶。 ①
Lái, qǐng hē bēi chá.
Venez, prenez donc une tasse de thé.
很多中国人每天都喝绿茶。 ①
Hěn duō Zhōngguó rén měi tiān dōu hē lǜchá.
Beaucoup de Chinois boivent du thé vert tous les jours.
这是今年的新茶,你尝尝。 ①
Zhè shì jīnnián de xīnchá, nǐ chángchang.
C'est le thé de cette année, goûte-le.
晚上别喝浓茶,会睡不着的。 ①
Wǎnshang bié hē nóngchá, huì shuì bu zháo de.
Ne bois pas de thé fort le soir, tu ne pourras pas dormir.
我去烧水,你来泡茶吧。 ①
Wǒ qù shāo shuǐ, nǐ lái pào chá ba.
Je vais faire bouillir l'eau, prépare le thé.
周末我们常去茶馆喝茶聊天。 ①
Zhōumò wǒmen cháng qù cháguǎn hē chá liáotiān.
Le week-end, nous allons souvent boire le thé et bavarder dans une maison de thé.
英国人喜欢喝下午茶。 ①
Yīngguó rén xǐhuan hē xiàwǔchá.
Les Anglais aiment prendre le thé de l'après-midi.
中国人说的红茶,在西方叫黑茶。 ②
Zhōngguó rén shuō de hóngchá, zài Xīfāng jiào hēichá.
Ce que les Chinois appellent « thé rouge », l'Occident l'appelle « thé noir ».
泡绿茶的时候,水温不要太高。 ②
Pào lǜchá de shíhou, shuǐwēn bú yào tài gāo.
Pour infuser un thé vert, l'eau ne doit pas être trop chaude.
第一泡是洗茶,一般不喝。 ②
Dì yī pào shì xǐ chá, yìbān bù hē.
La première infusion sert à rincer les feuilles : en général, on ne la boit pas.
好的乌龙茶很耐泡,泡七八次还有味道。 ②
Hǎo de wūlóngchá hěn nàipào, pào qī bā cì hái yǒu wèidao.
Un bon oolong supporte de nombreuses infusions : il a encore du goût après sept ou huit.
客人来了,主人先给客人倒茶。 ②
Kèrén lái le, zhǔrén xiān gěi kèrén dào chá.
Quand un invité arrive, l'hôte commence par lui servir du thé.
我不能喝酒,就以茶代酒,敬大家一杯。 ②
Wǒ bù néng hē jiǔ, jiù yǐ chá dài jiǔ, jìng dàjiā yì bēi.
Je ne peux pas boire d'alcool : je lève donc ma tasse de thé à votre santé à tous.
别人给你倒茶的时候,可以用手指轻轻敲敲桌子。 ②
Biérén gěi nǐ dào chá de shíhou, kěyǐ yòng shǒuzhǐ qīngqīng qiāoqiao zhuōzi.
Quand on vous sert du thé, vous pouvez tapoter doucement la table du doigt.
这把紫砂壶是我爷爷留下来的。 ②
Zhè bǎ zǐshāhú shì wǒ yéye liú xiàlai de.
Cette théière de Yixing me vient de mon grand-père.
这杯茶有点苦涩,不过喝完以后有回甘。 ②
Zhè bēi chá yǒudiǎn kǔsè, búguò hē wán yǐhòu yǒu huígān.
Ce thé est un peu amer, mais une fois bu, la douceur revient en bouche.
这件事成了大家茶余饭后的话题。 ②
Zhè jiàn shì chéngle dàjiā chá yú fàn hòu de huàtí.
Cette affaire est devenue le sujet de toutes les conversations.
普洱茶越陈越香,有的茶饼放了几十年。 ③
Pǔ'ěrchá yuè chén yuè xiāng, yǒu de chábǐng fàngle jǐshí nián.
Plus le pu'er vieillit, plus il est parfumé : certaines galettes ont plusieurs dizaines d'années.
明前茶产量少,所以价钱很贵。 ③
Míngqiánchá chǎnliàng shǎo, suǒyǐ jiàqián hěn guì.
Le thé cueilli avant Qingming est rare, c'est pourquoi il coûte cher.
他退休以后,老朋友都不来了,真是人走茶凉。 ③
Tā tuìxiū yǐhòu, lǎo péngyou dōu bù lái le, zhēn shì rén zǒu chá liáng.
Depuis qu'il est à la retraite, ses vieux amis ne viennent plus : loin des yeux, loin du cœur.
开门七件事,柴米油盐酱醋茶。 ③
Kāimén qī jiàn shì, chái mǐ yóu yán jiàng cù chá.
Sept choses à trouver chaque matin en ouvrant sa porte : bois, riz, huile, sel, sauce, vinaigre et thé.
他心里都明白,就是说不出来,真是茶壶里煮饺子。 ③
Tā xīnli dōu míngbai, jiùshì shuō bu chūlai, zhēn shì cháhú li zhǔ jiǎozi.
Il comprend tout, mais il n'arrive pas à le dire : des raviolis dans une théière.
一碗喉吻润,两碗破孤闷。 ③
Yì wǎn hóu wěn rùn, liǎng wǎn pò gū mèn.
Un bol humecte la gorge et les lèvres ; deux bols chassent la solitude et l'ennui.
茶者,南方之嘉木也。 ③
Chá zhě, nánfāng zhī jiā mù yě.
Le thé est un arbre excellent du Sud.

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