Chapitre 17 des Entretiens de Confucius

阳yáng货huò欲yù见jiàn孔kǒng子zǐ,孔kǒng子zǐ不bù见jiàn,归guī孔kǒng子zǐ豚tún,孔kǒng子zǐ时shí其qí亡wáng也yě而ér往wǎng拜bài之zhī,遇yù诸zhū途tú,谓wèi孔kǒng子zǐ曰yuē:“来lái,予yú与yǔ尔ěr言yán。”曰yuē:“怀huái其qí宝bǎo,而ér迷mí其qí邦bāng。可kě谓wèi仁rén乎hū?”曰yuē:“不bù可kě。”“好hào从cóng事shì而ér亟qì失shī时shí,可kě谓wèi知zhī乎hū?”曰yuē:“不bù可kě。”“日rì月yuè逝shì矣yǐ,岁suì不bù我wǒ与yú。”孔kǒng子zǐ曰yuē:“诺nuò。吾wú将jiāng仕shì矣yǐ。”

XVII.1. Yang Huo souhaitait rencontrer Confucius. Confucius ne le reçut pas. Yang Huo lui envoya un jeune cochon. Confucius choisit le moment où Yang Huo n’était pas chez lui pour aller le saluer. Il le rencontra en chemin. Yang Huo dit à Confucius : — Venez, j’ai à vous parler. Alors il lui dit : — Celui qui tient son trésor caché dans son sein et laisse son pays dans le trouble, mérite-t-il d’être appelé bienfaisant ? — Non, répondit Confucius. Yang Huo reprit : — Celui qui aime à gérer les affaires publiques et laisse souvent passer les occasions de le faire mérite-t-il d’être appelé prudent ? — Non, répondit Confucius. Yang Huo continua : — Les jours et les mois passent ; les années ne nous attendent pas. — Bien, répondit Confucius ; j’exercerai un emploi.

Note:

XVII.1. Yang Huo, appelé aussi Yang Hou, était intendant de la famille Ji. Il avait jeté dans les fers Ji Huan, le chef de cette famille, et gouvernait seul en maître la principauté de Lu. (Il avait ainsi rendu à son maître ce que Ji Wu, bisaïeul de celui-ci, avait fait au prince de Lu.) Il voulait déterminer Confucius à lui faire visite ; mais Confucius n’y alla pas. Lorsqu’un grand préfet envoyait un présent à un lettré, si le lettré n’était pas chez lui pour le recevoir, il devait, d’après les usages, aller à la maison du grand préfet présenter ses remerciements. Yang Huo, profitant d’un moment où Confucius n’était pas chez lui, lui envoya un jeune cochon en présent, afin de l’obliger à venir le saluer et lui faire visite. Confucius, choisissant alors le moment où Yang Huo était absent, alla à sa maison pour le remercier. Il craignait de tomber dans le piège que ce méchant homme lui avait tendu et de sembler reconnaître son pouvoir absolu ; et il voulait tenir sa première résolution, qui était de ne pas le voir. Contre son attente, il rencontra Yang Huo en chemin. Yang Huo, en critiquant la conduite de Confucius, et en l’engageant à accepter une charge sans délai, n’avait d’autre intention que d’obtenir son appui pour mettre le trouble dans le gouvernement. Confucius était tout disposé à exercer un emploi, mais non à se mettre au service de Yang Huo.




子zǐ曰yuē:“性xìng相xiāng近jìn也yě,习xí相xiāng远yuǎn也yě。”

XVII.2. Le Maître dit : — Les hommes sont tous semblables par leur nature ; ils différent par les habitudes qu’ils contractent.




子zǐ曰yuē:“唯wéi上shàng智zhì与yú下xià愚yú不bù移yí。”

XVII.3. Le Maître dit : — Il n’y a que deux classes d’hommes qui ne changent jamais de conduite : les plus sages et les plus insensés.




子zǐ之zhī武wǔ城chéng,闻wén弦xián歌gē之zhī声shēng,夫fū子zǐ莞wǎn尔ěr而ér笑xiào曰yuē:“割gē鸡jī焉yān用yòng宰zǎi牛niú刀dāo。”子zǐ游yóu对duì曰yuē:“昔xī者zhě偃yǎn也yě闻wén诸zhū夫fū子zǐ曰yuē:‘君jūn子zǐ学xué道dào则zé爱ài人rén,小xiǎo人rén学xué道dào则zé易yì使shǐ也yě。’”子zǐ曰yuē:“二èr三sān子zǐ,偃yǎn之zhī言yán是shì也yě。前qián言yán戏xì之zhī耳ěr。”

XVII.4. Le Maître, arrivant à Wucheng, entendit des chants et des sons d’instruments à cordes. Il sourit et dit : — Pour tuer une poule, emploie-t-on le couteau qui sert à dépecer les bœufs ? Ziyou répondit : — Maître, autrefois je vous ai entendu dire que l’étude de la sagesse rend les officiers bienfaisants et les hommes du peuple faciles à gouverner. — Mes enfants, répondit le Maître, Yan a dit vrai. Ce que je viens de dire n’était qu’une plaisanterie.

Note :

XVII.4. Wucheng dépendait de la principauté de Lu. Ziyou était alors préfet de Wucheng et enseignait au peuple les Devoirs et la Musique. Aussi tous les habitants savaient chanter et jouer des instruments à cordes. La joie de Confucius parut sur son visage. Il sourit et dit : « Pour tuer une poule, un petit animal, quelle raison y a-t-il d’employer le grand couteau qui sert à dépecer les bœufs ? » Il voulait dire que Ziyou employait les grands moyens administratifs pour gouverner une petite ville. Il ne le disait pas sérieusement. Les pays à gouverner n’ont pas tous la même étendue ; mais ceux qui les gouvernent doivent toujours enseigner les devoirs et la musique, et tenir ainsi la même conduite.




公gōng山shān弗fú扰rǎo以yǐ费fèi畔pàn,召zhào,子zǐ欲yù往wǎng,子zǐ路lù不bù说yuè,曰yuē:“末mò之zhī也yě已yǐ,何hé必bì公gōng山shān氏shì之zhī之zhī也yě!”子zǐ曰yuē:“夫fú召zhào我wǒ者zhě岂qǐ徒tú哉zāi!如rú有yǒu用yòng我wǒ者zhě,吾wú其qí为wéi东dōng周zhōu乎hū!”

XVII.5. Gongshan Furao, maître de la ville de Bi, s’était révolté. Il manda Confucius. Le philosophe voulait aller le voir. Zilu, indigné, lui dit : — Il n’est pas d’endroit où il convienne d’aller. Quelle nécessité y a-t-il d’aller trouver le chef de la famille Gongshan ? Le Maître répondit : — Celui qui m’a invité l’a-t-il fait sans une intention véritable ? Si l’on me donnait la direction des affaires publiques, ne ferais-je pas revivre en Orient les principes des fondateurs de la dynastie des Zhou ?

Note :

XVII.5. Gongshan Furao était intendant du chef de la famille des Ji, qui était grand préfet dans la principauté de Lu. Gongshan était son nom de famille, Furao son nom propre, et Zishe son surnom. Avec Yang Huo, il s’était emparé de la personne du dafu Ji Huan et, maître de la ville de Bi, il soutenait sa révolte contre le grand préfet. Il fit inviter Confucius à se rendre auprès de lui. Confucius voulait y aller. C’est que Gongshan Furao était en révolte contre la famille des Ji, et non contre le prince de Lu. Confucius voulait y aller dans l’intérêt du prince de Lu, non dans l’intérêt de Gongshan Furao. Si Confucius était parvenu à exécuter son dessein, il aurait retiré l’autorité souveraine des mains des grands préfets pour la rendre au prince ; et, après l’avoir rendue au prince, il l’aurait fait retourner à l’empereur. Il voulait se rendre auprès de Gongshan Furao parce que tels étaient ses principes. Cependant, il n’y alla pas, parce qu’il lui serait impossible d’exécuter son dessein.




子zǐ张zhāng问wèn仁rén于yú孔kǒng子zǐ,孔kǒng子zǐ曰yuē:“能néng行xíng五wǔ者zhě于yú天tiān下xià,为wéi仁rén矣yǐ。”请qǐng问wèn之zhī。曰yuē:“恭gōng宽kuān信xìn敏mǐn惠huì。恭gōng则zé不bù侮wǔ,宽kuān则zé得dé众zhòng,信xìn则zé人rén任rèn焉yān,敏mǐn则zé有yǒu功gōng,惠huì则zé足zú以yǐ使shǐ人rén。”

XVII.6. Zizhang demanda à Confucius en quoi consiste la vertu parfaite. Confucius répondit : — Celui-là est parfait qui est capable de pratiquer cinq choses partout et toujours. Zizhang dit : — Permettez-moi de vous demander quelles sont ces cinq choses ? — Ce sont, répondit Confucius, la gravité du maintien, la grandeur d’âme, la sincérité, la diligence et la bienfaisance. La gravité du maintien inspire le respect ; la grandeur d’âme gagne les cœurs ; la sincérité obtient la confiance ; la diligence exécute des œuvres utiles ; la bienfaisance rend facile la direction des hommes.




佛fó刖yuè召zhào,子zǐ欲yù往wǎng。子zǐ路lù曰yuē:“昔xī者zhě由yóu也yě闻wén诸zhū夫fū子zǐ曰yuē:‘亲qīn于yú其qí身shēn为wéi不bù善shàn者zhě,君jūn子zǐ不bù入rù也yě。’佛fó刖yuè以yǐ中zhōng牟mù畔pàn,子zǐ之zhī往wǎng也yě如rú之zhī何hé?”子zǐ曰yuē:“然rán。有yǒu是shì言yán也yě:不bù曰yuē坚jiān乎hū,磨mó而ér不bù磷lín;不bù曰yuē白bái乎hū,涅niè而ér不bù缁zī。吾wú其qí孢páo瓜guā也yě哉zāi?焉yān能néng系xì而ér不bù食shí。”

XVII.7. Bi Yue invita Confucius à aller le voir. Le Maître voulait s’y rendre. Zilu dit : — Maître, autrefois je vous ai entendu dire que le sage ne faisait pas société avec un homme engagé dans une entreprise coupable. Bi Yue, maître de Zhongmou, a levé l’étendard de la révolte. Convient-il que vous alliez le voir ? Le Maître répondit : — Il est vrai, j’ai dit ces paroles. Mais ne dit-on pas aussi qu’un objet très dur n’est pas entamé par le frottement ? Ne dit-on pas aussi qu’un objet essentiellement blanc ne devient pas noir par la teinture ? Suis-je donc une courge ventrue, qui peut être suspendue, et ne pas manger ou n’être pas mangée ?

Note :

XVII.7. Confucius dit : « Ma vertu est si ferme et si pure que je puis sans danger l’exposer au contact des hommes vicieux. Pourquoi ne répondrais-je pas à l’invitation de Bi Yue, par crainte de me souiller moi-même ? Suis-je donc une courge ? M’est-il permis de me rendre inutile aux hommes, comme une courge qui reste suspendue toujours dans un même endroit, et ne peut rien faire, pas même boire ou manger ?




子zǐ曰yuē:“由yóu也yě,汝rǔ闻wén六liù言yán六liù蔽bì矣yǐ乎hū?”对duì曰yuē:“未wèi也yě。”“居jū,吾wú语yù汝rǔ。好hào仁rén不bù好hào学xué,其qí蔽bì也yě愚yú;好hào知zhī不bù好hào学xué,其qí蔽bì也yě荡dàng;好hào信xìn不bù好hào学xué,其qí蔽bì也yě贼zéi;好hào直zhí不bù好hào学xué,其qí蔽bì也yě绞jiǎo;好hào勇yǒng不bù好hào学xué,其qí蔽bì也yě乱luàn;好hào刚gāng不bù好hào学xué,其qí蔽bì也yě狂kuáng。”

XVII.8. Le Maître dit : — You, connaissez-vous les six paroles et les six ombres ? Zilu se levant, répondit : — Pas encore. — Asseyez-vous, reprit Confucius, je vous les dirai. Le défaut de celui qui aime à se montrer bienfaisant, et n’aime pas à apprendre, c’est le manque de discernement. Le défaut de celui qui aime la science, et n’aime pas l’étude, c’est de tomber dans l’erreur. Le défaut de celui qui aime à tenir ses promesses, et n’aime pas à apprendre, c’est de nuire aux autres. Le défaut de celui qui aime la franchise, et n’aime pas à apprendre, c’est d’avertir et de reprendre trop librement sans aucun égard pour les personnes. Le défaut de celui qui aime à montrer du courage et n’aime pas à apprendre, c’est de troubler l’ordre. Le défaut de celui qui aime la fermeté d’âme, et n’aime pas à apprendre, c’est la témérité.




子zǐ曰yuē:“小xiǎo子zǐ,何hé莫mò学xué夫fú诗shī?诗shī可kě以yǐ兴xìng,可kě以yǐ观guān,可kě以yǐ群qún,可kě以yǐ怨yuàn。迩ěr之zhī事shì父fù,远yuǎn之zhī事shì君jūn。多duō识shí于yú鸟niǎo兽shòu草cǎo木mù之zhī名míng。”

XVII.9. Le Maître dit : — Mes enfants, pourquoi n’étudiez-vous pas le Shi Jing ? Il nous sert à nous exciter à la pratique de la vertu, à nous examiner nous-mêmes. Il nous apprend à traiter convenablement avec les hommes, à nous indigner justement, à remplir nos devoirs envers nos parents et envers notre prince. Il nous fait connaître beaucoup d’oiseaux, de quadrupèdes et de plantes.




子zǐ谓wèi伯bó鱼yú曰yuē:“汝rǔ为wéi周zhōu南nán召shào南nán矣yǐ乎hū?人rén而ér不bù为wéi周zhōu南nán召shào南nán,其qí犹yóu正zhèng墙qiáng面miàn而ér立lì也yě与yú?”

XVII.10. Le Maître dit à son fils Boyu : — Étudiez-vous le Zhou Nan et le Shao Nan ? Celui qui n’a pas étudié le Zhou Nan et le Shao Nan n’est-il pas comme un homme qui se tiendrait le visage tourné vers un mur ?




子zǐ曰yuē:“礼lǐ云yún礼lǐ云yún,玉yù帛bó云yún乎hū哉zāi?乐yuè云yún乐yuè云yún,钟zhōng鼓gǔ云yún乎hū哉zāi?”

XVII.11. Le Maître dit : — Quand on parle d’urbanité, et qu’on vante l’urbanité, veut-on parler seulement des pierres précieuses et des soieries ? Quand on parle de musique, et qu’on vante la musique, veut-on parler seulement des cloches et des tambours ?

Note :

XVII.11. L’urbanité exige avant tout le respect, et la musique a pour objet principal l’harmonie (la concorde). Les pierres précieuses, les soieries, les cloches, les tambours ne sont que des accessoires.




子zǐ曰yuē:“色sè厉lì而ér内nèi荏rěn,譬pì诸zhū小xiǎo人rén,其qí犹yóu穿chuān窬yú之zhī盗dào也yě与yú?”

XVII.12. Le Maître dit : — Ceux qui en apparence sont rigides observateurs des préceptes de la sagesse et, au fond, n’ont aucune énergie, ne ressemblent-ils pas à ces hommes de la lie du peuple qui passent à travers ou par-dessus les murs pour voler ?




子zǐ曰yuē:“乡xiāng愿yuàn,德dé之zhī贼zéi也yě。”

XVII.13. Le Maître dit : — Ceux qui passent pour hommes de bien aux yeux des villageois ruinent la vertu.




子zǐ曰yuē:“道dào听tīng而ér途tú说shuō,德dé之zhī弃qì也yě。”

XVII.14. Le Maître dit : — Répéter en chemin à tous les passants ce que l’on a appris de bon en chemin, c’est jeter la vertu au vent.




子zǐ曰yuē:“鄙bǐ夫fū,可kě与yǔ事shì君jūn也yě与yú哉zāi?其qí未wèi得dé之zhī也yě,患huàn得dé之zhī;既jì得dé之zhī,患huàn失shī之zhī。苟gǒu患huàn失shī之zhī,无wú所suǒ不bù至zhì矣yǐ。”

XVII.15. Le Maître dit : — Convient-il de faire admettre à la cour des hommes abjects, et de servir le prince avec eux ? Avant d’avoir obtenu les charges, ils sont en peine de les obtenir. Après les avoir obtenues, ils sont en peine de les conserver. Alors, ils ne reculent devant aucun crime pour ne pas les perdre.




子zǐ曰yuē:“古gǔ者zhě民mín有yǒu三sān疾jí,今jīn也yě或huò是shì之zhī亡wáng也yě。古gǔ之zhī狂kuáng也yě肆sì,今jīn之zhī狂kuáng也yě荡dàng;古gǔ之zhī矜jīn也yě廉lián,今jīn之zhī矜jīn也yě忿fèn戾lì;古gǔ之zhī愚yú也yě直zhí,今jīn之zhī愚yú也yě诈zhà而ér已yǐ矣yǐ。”

XVII.16. Le Maître dit : — Les anciens étaient sujets à trois défauts, qui n’existent peut-être plus à présent. Anciennement, ceux qui avaient de grandes aspirations négligeaient les petites choses ; à présent, ils s’abandonnent à la licence. Anciennement, ceux qui étaient constants dans leurs résolutions se montraient peu accessibles ; à présent, ils sont colères et intraitables. Anciennement, les ignorants étaient simples et droits ; à présent, ils sont fourbes.




子zǐ曰yuē:“巧qiǎo言yán令lìng色sè,鲜xiǎn矣yǐ仁rén。”

XVII.17. Le Maître dit : — Je n’aime pas la couleur pourpre, parce qu’elle est plus foncée que le rouge. Je déteste la musique de Zheng, parce qu’elle est plus brillante que la bonne musique. Je hais les langues bavardes, parce qu’elles troublent les États et les familles.




子zǐ曰yuē:“予yú欲yù无wú言yán。”子zǐ贡gòng曰yuē:“子zǐ如rú不bù言yán,则zé小xiǎo子zǐ何hé述shù焉yān?”子zǐ曰yuē:“天tiān何hé言yán哉zāi。四sì时shí行xíng焉yān,百bǎi物wù生shēng焉yān。天tiān何hé言yán哉zāi!”

XVII.18. Le Maître dit : — Je voudrais ne plus parler. — Maître, dit Zigong, si vous ne parlez pas, quels enseignements vos disciples transmettront-ils à la postérité ? Le Maître répondit : — Est-ce que le Ciel parle ? Les quatre saisons suivent leur cours ; tous les êtres reçoivent l’existence. Est-ce que le Ciel parle jamais ?

Note :

XVII.18. Dans la conduite du sage par excellence, tout, jusqu’aux moindres mouvements, est la claire manifestation de la plus haute raison ; de même que le cours des saisons, la production des différents êtres, tout dans la nature est un écoulement de la puissance céleste. Est-ce que le Ciel a besoin de parler pour manifester sa vertu ?




孺rú悲bēi欲yù见jiàn孔kǒng子zǐ,孔kǒng子zǐ辞cí以yǐ疾jí,将jiāng命mìng者zhě出chū户hù,取qǔ瑟sè而ér歌gē,使shǐ之zhī闻wén之zhī。

XVII.19. Ru Bei désirait voir Confucius. Confucius s’excusa sous prétexte de maladie. Lorsque celui qui porta cette réponse au visiteur eut passé la porte de la maison, Confucius, prenant son luth, se mit à jouer et à chanter, afin que Ru Bei l’entendît.




宰zǎi我wǒ问wèn:“三sān年nián之zhī丧sāng,期jī已yǐ久jiǔ矣yǐ。君jūn子zǐ三sān年nián不bù为wéi礼lǐ,礼lǐ必bì坏huài;三sān年nián不bù为wéi乐yuè,乐yuè必bì崩bēng。旧jiù谷gǔ既jì没mò,新xīn谷gǔ既jì升shēng,钻zuān燧suì改gǎi火huǒ,期jī可kě已yǐ矣yǐ。”子zǐ曰yuē:“食shí夫fú稻dào,衣yī夫fú锦jǐn,于yú汝rǔ安ān乎hū?”曰yuē:“安ān。”“汝rǔ安ān则zé为wéi之zhī。夫fú君jūn子zǐ之zhī居jū丧sāng,食shí旨zhǐ不bù甘gān,闻wén乐yuè不bù乐lè,居jū处chǔ不bù安ān,故gù不bù为wéi也yě。今jīn汝rǔ安ān,则zé为wéi之zhī。”宰zǎi我wǒ出chū,子zǐ曰yuē:“予yú之zhī不bù仁rén也yě。子zǐ生shēng三sān年nián,然rán后hòu免miǎn于yú父fù母mǔ之zhī怀huái。夫fú三sān年nián之zhī丧sāng,天tiān下xià之zhī通tōng丧sāng也yě。予yú也yě有yǒu三sān年nián之zhī爱ài于yú其qí父fù母mǔ乎hū?”

XVII.20. Zai Wo interrogeant Confucius sur le deuil de trois ans, dit : — Une année est déjà un temps assez long. Si le sage s’abstient de remplir les devoirs de convenance durant trois années, ces devoirs tomberont en désuétude ; s’il abandonne la musique pendant trois années, la musique sera en décadence. Dans le courant d’une année, les grains anciens sont consumés, les nouveaux sont recueillis ; les différentes sortes de bois ont tour à tour donné du feu nouveau. Il convient que le deuil ne dure pas plus d’un an. Le Maître répondit : — Au bout d’un an de deuil, pourriez-vous bien vous résoudre à manger du riz et à porter des vêtements de soie ? — Je le pourrais, dit Zai Wo. — Si vous le pouvez, reprit Confucius, faites-le. Le sage, en temps de deuil, ne trouve aucune saveur aux mets les plus exquis, n’aime pas à entendre la musique, et ne goûte aucun repos dans ses appartements ordinaires. Aussi ne le ferait-il pas. Pour vous, si vous pouvez vous résoudre à le faire, faites-le. Zai Wo se retirant, le Maître dit : — Yu a mauvais cœur. Les parents portent leur enfant sur leur sein durant trois années ; c’est pour reconnaître ce bienfait que le deuil de trois ans a été adopté partout. Yu n’a-t-il pas été l’objet de la tendresse de ses parents durant trois années ?

Note :

XVII.20. Les anciens tiraient le feu nouveau d’un instrument de bois, qu’ils faisaient tourner comme une tarière. Le bois employé était, au printemps, l’orme ou le saule ; au commencement de l’été, le jujubier ou l’abricotier ; vers la fin de l’été, le mûrier ordinaire ou le mûrier des teinturiers ; en automne, le chêne ou le you ; en hiver, le sophora ou le tan. Un fils, après la mort de son père ou de sa mère, durant trois ans, ne prenait qu’une nourriture grossière, portait des vêtements de chanvre, et couchait sur la paille, la tête appuyée sur une motte de terre.




子zǐ曰yuē:“饱bǎo食shí终zhōng日rì,无wú所suǒ用yòng心xīn,焉yān矣yǐ哉zāi!不bù有yǒu博bó弈yì者zhě乎hū,为wéi之zhī犹yóu贤xián乎hū已yǐ。”

XVII.21. Le Maître dit : — Quand on ne fait que boire et manger toute la journée, sans appliquer son esprit à aucune occupation, qu’il est difficile de devenir vertueux ! N’a-t-on pas des tablettes et des échecs ? Mieux vaudrait se livrer à ces jeux que de rester à ne rien faire.




子zǐ路lù曰yuē:“君jūn子zǐ尚shàng勇yǒng乎hū?”子zǐ曰yuē:“君jūn子zǐ义yì以yǐ为wéi上shàng,君jūn子zǐ有yǒu勇yǒng而ér无wú义yì为wéi乱luàn,小xiǎo人rén有yǒu勇yǒng而ér无wú义yì为wéi盗dào。”

XVII.22. Zilu dit : — Le sage n’a-t-il pas en grande estime la bravoure ? Le Maître répondit : — Le sage met la justice au-dessus de tout. Un homme élevé en dignité qui a de la bravoure et ne respecte pas la justice trouble le bon ordre. Un homme privé qui a de la bravoure et manque de justice devient brigand.




子zǐ贡gòng曰yuē:“君jūn子zǐ亦yì有yǒu恶wù乎hū?”子zǐ曰yuē:“有yǒu恶wù。恶wù称chēng人rén之zhī恶è者zhě,恶wù居jū下xià流liú而ér讪shàn上shàng者zhě,恶wù勇yǒng而ér无wú礼lǐ者zhě,恶wù果guǒ敢gǎn而ér窒zhì者zhě。”曰yuē:“赐cì也yě亦yì有yǒu恶wù乎hū。恶wù敫jiǎo以yǐ为wéi知zhī者zhě,恶wù不bù孙sūn以yǐ为wéi勇yǒng者zhě,恶wù讦jié以yǐ为wéi直zhí者zhě。”

XVII.23. Zigong dit : — Est-il des hommes qui soient odieux au sage ? Le Maître répondit : — Oui. Le sage hait ceux qui publient les défauts ou les fautes d’autrui ; il hait les hommes de basse condition qui dénigrent ceux qui sont d’une condition plus élevée ; il hait les hommes entreprenants qui violent les lois ; il hait les hommes audacieux qui ont l’intelligence étroite. Le Maître ajouta : — Et vous, Si, avez-vous aussi de l’aversion pour certains hommes ? — Je hais, répondit Zigong, ceux qui observent la conduite des autres, croyant que c’est prudence ; je hais ceux qui ne veulent jamais céder, s’imaginant que c’est courage ; je hais ceux qui reprochent aux autres des fautes secrètes, pensant que c’est franchise.




子zǐ曰yuē:“唯wéi女nǚ子zǐ与yú小xiǎo人rén为wéi难nán养yǎng也yě。近jìn之zhī则zé不bù孙sūn,远yuǎn之zhī则zé怨yuàn。”

XVII.24. Le Maître dit : — Les femmes de second rang et les hommes de service sont les personnes les moins maniables. Si vous les traitez familièrement, ils vous manqueront de respect ; si vous les tenez à distance, ils seront mécontents.




子zǐ曰yuē:“年nián四sì十shí而ér见jiàn恶wù焉yān,其qí终zhōng也yě已yǐ。”

XVII.25. Le Maître dit : — Celui qui, à quarante ans, conserve encore des défauts qui le rendent odieux, ne se corrigera jamais.

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