Les transports en commun se disent 公共交通 , « la circulation publique », qu'on abrège en 公交 . Le bus est donc un 公交车 , et son nom plus ancien, 公共汽车 , « la voiture publique », se lit encore sur les panneaux. On ne prend pas la ligne 3, on prend le 3路 : 路 , la route, désigne aussi la ligne de bus, d'où la question 坐几路车?, « quel numéro de route faut-il prendre ? » (phrase 1). Pour le reste de la rue, voitures, vélos et piétons, voir la page À pied, à vélo, en voiture.
Dans le bus, on 上车 et on 下车 , littéralement « monter » et « descendre » du véhicule, comme en français. Autrefois, une receveuse vendait les tickets avec une sacoche à la ceinture ; aujourd'hui le bus est 无人售票, « sans personne qui vend les billets », et l'on passe sa carte ou l'on glisse un billet dans une boîte qui ne rend pas la monnaie (phrase 19). Une voix enregistrée annonce le 下一站 , le prochain arrêt, en chinois puis en anglais dans les grandes villes. Par contre, si vous vous endormez, personne ne vous réveillera : c'est 坐过站 , « dépasser son arrêt en restant assis » (phrase 15).
Le métro est un 地铁 , « le fer sous la terre » ⟶ abréviation de 地下铁道, « la voie de fer souterraine ». Pékin a ouvert sa première ligne en 1969, et Pékin comme Shanghai ont aujourd'hui des réseaux parmi les plus longs du monde. Les lignes sont numérotées, 1号线, 2号线, et changer de ligne se dit 换乘 , « changer de monture » (phrase 9). Attention : à l'entrée, on passe le plus souvent un contrôle de sécurité, le 安检 (voir Les services et les démarches). Aux heures de pointe, on 挤地铁 , on « se presse dans le métro » ; 挤, c'est à la fois serrer, bousculer et être bondé.
Le train s'appelle 火车 , « le char de feu », souvenir des locomotives à vapeur. Le vieux train lent, peint en vert, est resté dans les mémoires sous le nom de 绿皮车 , « le train à peau verte », avec ses classes : 硬座 la banquette dure, 硬卧 la couchette dure, 软卧 la couchette molle. Trente heures assis pour rentrer au pays (phrase 21) n'avaient rien d'exceptionnel. Depuis 2008, la Chine a construit le plus grand réseau à grande vitesse du monde, le 高铁 , « le fer haut » ⟶ abréviation de « chemin de fer à grande vitesse » ; Pékin-Shanghai se fait en un peu plus de quatre heures (phrase 11).
Sur le billet, le 车次 , le numéro du train, commence par une lettre : G, D, Z, T ou K. Elles viennent tout simplement du pinyin : G pour 高 (le TGV), D pour 动 (le 动车, train rapide), Z pour 直 (direct), T pour 特 (express) et K pour 快 (rapide). Je ne sais pas qui a eu l'idée, mais le système est d'une logique rare. Avant la fête du Printemps, c'est le 春运, le grand transport du printemps (voir Les fêtes) : des centaines de millions de personnes rentrent chez elles, et les billets s'arrachent en ligne, 抢票 (phrase 18). Ceux qui n'ont rien trouvé prennent un 站票 , un billet debout.
L'avion est un 飞机 , « la machine qui vole », et le 机 seul suffit ensuite : 机场 l'aéroport, « le terrain des machines », 机票 le billet, 登机 embarquer, « monter dans la machine », 晕机 le mal de l'air. Le vol est un 航班 : 航 naviguer, 班 le service régulier, celui qu'on retrouve dans 班车, la navette. L'hôtesse est une 空姐 , « la grande sœur des airs ». Et les retards, 晚点 pour les trains, 延误 pour les avions, ont longtemps été la plaie des aéroports chinois (une bonne partie de l'espace aérien est réservée à l'armée, dit-on ; je n'ai pas les chiffres).
Le taxi est un 出租车 , « la voiture qu'on loue ». Dans le Sud, on dit 的士 , transcription cantonaise de l'anglais taxi, et le mot est remonté vers le Nord avec 打的, prendre un taxi, et 的哥, « le grand frère du taxi », le chauffeur. Attention : 的, le caractère le plus fréquent de la langue, se lit ici et non . On appelle le chauffeur 师傅 , « maître » (phrase 6), et on lui demande d'打表 , de mettre le compteur (phrase 20), ce que le 黑车, le taxi clandestin, se garde bien de faire. Aujourd'hui, la plupart des courses passent par le 网约车 , le VTC, commandé par une application comme 滴滴 , dont le nom imite le bip-bip du klaxon.
Le bateau, enfin, se dit 船 , mais le mot ancien est 舟 , le dessin d'une barque. Il ne survit guère que dans les expressions, et comme clé : 船, 航, 舱, 艇 portent tous la barque à gauche. Notez que l'avion a hérité du vocabulaire du bateau, comme en français où l'on embarque dans une cabine avec un équipage : le vol est un 航班 et la première classe un 头等舱 , « la cale de premier rang ». La clé 舟 a donc pris l'avion.
Les expressions, elles, sont restées à quai. Sunzi remarque que les gens de Wu et de Yue se détestent, mais que dans la même barque, pris par la tempête, ils s'entraident comme les deux mains (phrase 23, voir Chapitre 11 du Sunzi) : c'est l'origine de 同舟共济 (phrase 22). L'homme de Chu de 刻舟求剑 fait une entaille dans le bordage à l'endroit où son épée est tombée, puis plonge à l'arrivée pour la chercher sous l'entaille (phrase 24) : le bateau avait avancé, l'épée non. 破釜沉舟 , « briser les marmites et couler les barques », se dit de celui qui se coupe toute retraite, comme Xiang Yu avant la bataille de Julu. Quant à 水能载舟,亦能覆舟, « l'eau qui porte la barque peut aussi la renverser », on la prête souvent à l'empereur Taizong des Tang, mais l'image est déjà chez Xunzi : le prince est la barque, le peuple est l'eau.
Pour monter dans un véhicule, la langue écrite emploie 乘 , qu'on retrouve dans 乘客, le passager, et dans 换乘. Le caractère ancien montrait un homme perché en haut d'un arbre, d'où « monter sur » et, par extension, « profiter de » : 乘人之危 , c'est profiter de la détresse d'autrui. Confucius, découragé que personne n'applique ses idées, annonce qu'il va 乘桴浮于海, « monter sur un radeau et se laisser porter par la mer », et que seul Zilu le suivra (phrase 25, voir Chapitre 5 des Entretiens de Confucius). Zilu est ravi. Je n'ai jamais su si le Maître plaisantait, mais sa réponse suivante laisse penser que oui.
Dans la vie de tous les jours, on dit 马上 , « sur le cheval », pour « tout de suite » : le cavalier en selle est prêt à partir. Le 末班车 , le dernier bus, est aussi la dernière chance de faire quelque chose. Et 上车补票 , « monter d'abord et payer son billet ensuite », se dit d'une situation qu'on régularise après coup, notamment d'un mariage célébré quand l'enfant est déjà en route. Il ne reste plus qu'à descendre : 终点站到了,请下车. Terminus, tout le monde descend.
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Le bus et les transports urbains
le bus
l'autobus
l'arrêt de bus
la station, l'arrêt
prendre un véhicule (bus, train…)
monter (dans un véhicule)
descendre (d'un véhicule)
attendre le bus
la place assise
le passager
le prochain arrêt
la carte de transport
la ligne
arriver à la station
rater son arrêt
le tramway
le bus à impériale
Le métro
le métro
la station de métro
bondé ; se serrer
la ligne (numérotée)
changer de ligne ; la correspondance
le quai
la bouche de métro
entrer en station
sortir de la station
s'entasser dans le métro
le plan des lignes
l'escalator
le métro léger
les portes palières
la barre, la main courante
la poignée (suspendue)
Le train et la gare
le train
la gare
le chemin de fer
la gare TGV
le train rapide
la salle d'attente
la voiture (d'un train)
la couchette
la place assise dure
la couchette molle
le terminus
l'agent de bord (du train)
le billet sans place assise
la voiture-restaurant
le « train vert » (train lent)
le train à sustentation magnétique
la gare de départ
L'avion et l'aéroport
l'avion
l'aéroport
le billet d'avion
décoller
le vol
atterrir
embarquer
la carte d'embarquement
la porte d'embarquement
l'hôtesse de l'air
faire escale, changer d'avion
côté hublot, côté fenêtre
le vol direct
avoir le mal de l'air
l'enregistrement
le terminal
la première classe
la classe économique
le couloir, côté couloir
Le bateau, le taxi, le VTC
le taxi
prendre un taxi
le bateau
prendre le bateau
le taxi (mot venu du cantonais)
le VTC
le covoiturage
le triporteur, le cyclo-pousse
l'embarcadère
le ferry
le navire, le paquebot
avoir le mal de mer
mettre le compteur
le tarif de prise en charge
le taxi clandestin
la moto-taxi
la voiture qu'on prend « dans le sens du vent » (covoiturage de passage)
le bateau de croisière
Billets, horaires, retards
le billet, le ticket
le billet (de bus, de train)
acheter un billet
être en retard (train, avion)
la billetterie
réserver un billet
contrôler les billets
à l'heure
l'aller-retour
l'aller simple
se faire rembourser un billet
l'horaire
changer de billet
le numéro de train
le retard (d'un vol)
s'arracher les billets
Les transports dans les expressions
traverser ensemble dans la même barque (s'entraider)
marquer la barque pour retrouver l'épée
briser les marmites, couler les barques (se couper toute retraite)
vent arrière et courant favorable
arrivé au pont, le bateau se redresse de lui-même
l'eau qui porte la barque peut aussi la renverser
démolir le pont une fois la rivière passée
monter sur le bateau des pirates (se laisser entraîner)
aller et venir du sud au nord
ce n'est pas de la vantardise, je peux le prouver
Les transports dans les mots de tous les jours
tout de suite
attraper (un train), arriver à temps
ne pas avoir le temps
rater, laisser passer
être pressé
le dernier bus ; la dernière chance
tout-en-un, à guichet unique
la voie ferrée ; les rails
se raccorder, s'aligner sur
monter d'abord, payer ensuite (régulariser après coup)
profiter de la détresse d'autrui
le compagnon de route
Phrases d'exemple
Pardon, quel bus faut-il prendre pour la gare ?
Je vais au travail en métro tous les jours.
Prochain arrêt : place du Peuple.
Je voudrais un billet de train pour Shanghai.
À quelle heure décolle l'avion ?
À l'aéroport, s'il vous plaît.
Il y a trop de monde dans le bus, pas une place assise.
Prenons le bateau pour passer sur l'autre rive.
À la place du Peuple, changez pour la ligne 2.
Notre vol a deux heures de retard.
De Pékin à Shanghai, il faut à peine plus de quatre heures en TGV.
Je voudrais un aller-retour, avec retour vendredi prochain.
Votre carte d'embarquement, s'il vous plaît.
J'ai commandé un VTC sur mon téléphone, il arrive dans cinq minutes.
Je me suis endormi et j'ai raté mon arrêt.
Dépêche-toi, sinon on va rater le dernier bus.
Dès que je monte sur un bateau, j'ai le mal de mer.
Avant la fête du Printemps, les billets sont introuvables : tout le monde se les arrache en ligne.
En montant, passez votre carte ; sans carte, mettez la monnaie.
Mettez le compteur, s'il vous plaît.
Autrefois, pour rentrer au pays en train vert, on passait trente heures sur une banquette dure.
Nous sommes tous dans le même bateau maintenant : il faut nous serrer les coudes.
Les gens de Wu et de Yue se détestent, mais quand ils sont dans le même bateau et rencontrent une tempête, ils s'entraident comme la main gauche aide la droite.
Un homme de Chu traversait le fleuve ; son épée tomba du bateau dans l'eau. Aussitôt, il fit une entaille dans le bordage : « C'est d'ici que mon épée est tombée. »
Ma doctrine n'est pas mise en pratique. Si je montais sur un radeau et me confiais aux flots de la mer, celui qui me suivrait, ne serait-ce pas You ?


