L'oiseau se dit 鸟 et le poisson 鱼 . Les deux caractères sont des dessins. On le voit mieux dans la graphie traditionnelle : 鳥 garde la tête, l'œil et les pattes, 魚 la tête, les écailles et la queue. Tous deux servent de clé, et c'est commode : devant un caractère inconnu, 鸟 à droite annonce un oiseau (鸭, 鹅, 鹤, 鹰), 鱼 à gauche une bête qui nage (鲸, 鲨, 鲤). La page Les mammifères et les animaux de la ferme s'occupait des bêtes à poil, basse-cour comprise. Celle-ci passe aux plumes et aux écailles.
Comme pour les mammifères, beaucoup de noms sont des descriptions. Le hibou est 猫头鹰 , un « aigle à tête de chat ». Le pic est 啄木鸟 , l'« oiseau qui pique le bois ». Le manchot, 企鹅 , est une « oie qui se dresse sur la pointe des pieds », ce qui est exactement sa silhouette. L'autruche, 鸵鸟 , est un « oiseau-chameau » (les Grecs disaient déjà « moineau-chameau »). Et le coucou s'appelle 布谷鸟 parce qu'il fait , comme le nôtre fait « coucou ».
Attention : 鱼 n'est pas le poisson du zoologiste. C'est à peu près tout ce qui vit dans l'eau. La baleine est 鲸鱼 , le « poisson-baleine », ce qui oblige à préciser qu'elle n'en est pas un (phrase 6). Le calmar, le poulpe et même le crocodile portent 鱼 dans leur nom. Le dauphin, lui, est un « cochon de mer », 海豚 , et le poisson-globe un « cochon de rivière », 河豚 . Les poissons que l'on mange sont déjà sur la page La viande et le poisson. Ici, on les laisse dans l'eau.
Les oiseaux n'ont pas la même réputation qu'en France. Chez nous la pie est voleuse et bavarde. En Chine, c'est la « pie de la joie », 喜鹊 , et son cri annonce une bonne nouvelle (phrase 11). Le corbeau, par contre, est de mauvais augure des deux côtés. La grue, 鹤 , signifie la longévité. Les canards mandarins, 鸳鸯 , que l'on brode sur les couettes de mariage, représentent le couple fidèle (les ornithologues assurent qu'ils changent de partenaire chaque année, ce qui n'a découragé personne). Quant au poisson, il doit sa fortune à un jeu de mots : 鱼 se prononce comme 余 , le surplus. D'où le poisson du réveillon du Nouvel An, que l'on ne finit pas (voir Les cérémonies et les porte-bonheur).
On apprend le chinois avec des oiseaux. Le premier poème que récitent les enfants est souvent « Aube de printemps » de Meng Haoran, où l'on se réveille au chant des oiseaux (phrase 20). Vient ensuite le quatrain de Du Fu, avec ses deux loriots et sa file d'aigrettes (phrase 19, voir Quatrain (Deux loriots) de Du Fu). Notez que 行 s'y lit , « rangée », et non . Et le Classique des poèmes, le plus ancien recueil chinois, s'ouvre sur un cri d'oiseau : 关关雎鸠 (phrase 21). De quel oiseau s'agit-il ? On traduit souvent par « balbuzard », mais personne n'en est sûr.
Les poissons, eux, appartiennent à Zhuangzi. Son livre commence par un poisson gigantesque, le Kun (phrase 23), qui se change en oiseau et s'envole vers le sud. Plus loin vient la promenade sur le pont de la rivière Hao. Zhuangzi regarde les poissons et dit qu'ils sont heureux. Son ami Huizi objecte : vous n'êtes pas un poisson, comment le savez-vous ? (phrase 22). Zhuangzi répond : vous n'êtes pas moi, comment savez-vous que je ne le sais pas ? La discussion dure depuis vingt-trois siècles.
Les Entretiens n'ont qu'une phrase célèbre sur les oiseaux, et elle n'est pas de Confucius. C'est son disciple Zengzi qui la prononce sur son lit de mort : l'oiseau qui va mourir a un cri plaintif, l'homme qui va mourir dit des paroles justes (phrase 25, voir Chapitre 8 des Entretiens de Confucius). Autrement dit : écoutez-moi, je n'ai plus de raison de mentir.
Une femme très belle est 沉鱼落雁 : devant elle, les poissons plongent et les oies sauvages tombent du ciel. On rattache l'image à Xi Shi et à Wang Zhaojun, deux des quatre beautés de l'Antiquité. Mais elle vient encore de Zhuangzi, et chez lui le sens était inverse : les poissons plongent et les oiseaux s'envolent parce que la beauté humaine leur est parfaitement indifférente. La langue a gardé le compliment et oublié l'ironie.
Trois expressions demandent leur histoire. Une bécassine plante son bec dans une moule, la moule se referme, aucune ne veut lâcher, et le pêcheur ramasse les deux : 鹬蚌相争,渔翁得利 . Un archer fait tomber une oie blessée en faisant seulement vibrer la corde de son arc : c'est l'oiseau que l'arc effraie, 惊弓之鸟 . Enfin le vieux Jiang Taigong pêchait, dit-on, avec un hameçon droit, sans appât, tenu au-dessus de l'eau. Il n'attendait pas un poisson, il attendait un roi. 太公钓鱼,愿者上钩 : mord qui veut bien.
Certains noms de la liste sont ceux d'espèces que l'on a failli perdre. L'ibis nippon, 朱鹮 , n'était plus représenté en 1981 que par sept oiseaux, retrouvés dans le Shaanxi (phrase 24). Le dauphin du Yangzi, 白鳍豚 , n'a pas eu cette chance : l'expédition de 2006 n'en a vu aucun. Il reste dans le fleuve un marsouin, 江豚 , et un esturgeon, 中华鲟 , qui ne se reproduit plus guère à l'état sauvage. C'est pour eux que la pêche est interdite dans le Yangzi depuis 2021, et pour dix ans (phrase 15).
Restent les mots de tous les jours. Poser un lapin se dit 放鸽子 , « lâcher un pigeon » (plusieurs explications circulent, je n'en connais pas de sûre). Celui qui ne sait pas nager est un 旱鸭子 , un « canard de terre sèche ». La chair de poule est une « peau de poulet », 鸡皮疙瘩 . Nos pattes d'oie sont des « rides en queue de poisson », 鱼尾纹 : même endroit, autre animal. Les retraités du Nord qui passent l'hiver à Hainan sont des 候鸟老人 , de « vieux oiseaux migrateurs ». Et pour l'apprenant il y a 三天打鱼,两天晒网 : trois jours de pêche, deux jours à faire sécher le filet (phrase 13). On n'apprend pas le chinois comme cela. Vous voilà prévenus.
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L'oiseau
l'oiseau
le petit oiseau
voler
l'aile
la plume
le nid
le chant des oiseaux
la cage à oiseaux
l'oiseau migrateur
donner des coups de bec, picorer
faire son nid
migrer
couver
l'oisillon
Les oiseaux par leur nom
le moineau
l'hirondelle
le cygne (« oie du ciel »)
l'aigle
la pie (« pie de la joie »)
le corbeau
le manchot (« oie dressée sur la pointe des pieds »)
le paon
le hibou, la chouette (« aigle à tête de chat »)
la mouette
l'autruche (« oiseau-chameau »)
le canard sauvage
l'oie sauvage
la grue
le pic (« oiseau qui pique le bois »)
le coucou
le flamant rose
les canards mandarins
la grue du Japon (« grue à la tête de cinabre »)
l'aigrette
le loriot
l'alouette (« oiseau aux cent esprits »)
le martin huppé, le mainate
le martin-pêcheur
le cormoran
l'ibis nippon
Les poissons et les animaux aquatiques
nager
le requin
la baleine
le dauphin (« cochon de mer »)
le coquillage
l'aquarium (le bocal, le bac)
l'aquarium (que l'on visite)
la tortue de mer
l'étoile de mer
le poisson tropical
la méduse (« mère de l'eau »)
le corail
le phoque (« léopard de mer »)
l'otarie (« lion de mer »)
l'hippocampe (« cheval de mer »)
le poisson d'eau douce
la conque, le bulot
le thon
l'oursin
le poisson-globe, le fugu (« cochon de rivière »)
la nageoire
les branchies
les alevins
frayer, pondre
l'esturgeon de Chine
le dauphin du Yangzi, le baiji
le marsouin du Yangzi
la moule d'eau douce
La pêche
pêcher à la ligne
élever des poissons
pêcher, prendre du poisson
le pêcheur (de métier)
le bateau de pêche
la canne à pêche
l'hameçon
le filet de pêche
mordre à l'hameçon
le village de pêcheurs
l'étang à poissons
l'appât
la pêche (le secteur)
la période d'interdiction de pêche
pêcher à pied (à marée basse)
Les oiseaux et les poissons dans les expressions
d'une pierre deux oiseaux (faire d'une pierre deux coups)
l'oiseau maladroit s'envole le premier (le moins doué doit s'y mettre plus tôt)
une grue au milieu des poules (dominer son entourage)
le moineau a beau être petit, il a tous ses organes (petit mais complet)
trois jours de pêche, deux jours à sécher le filet (travailler par à-coups)
le fusil tire sur l'oiseau qui sort la tête
sous le ciel, tous les corbeaux sont aussi noirs
les gros poissons mangent les petits
lâcher une longue ligne pour prendre un gros poisson (voir loin)
d'une flèche deux aigles (faire coup double)
l'oiseau que l'arc a effrayé (chat échaudé craint l'eau froide)
la bécassine et la moule se battent, le pêcheur en profite
grimper à l'arbre pour chercher du poisson (s'y prendre à l'envers)
faire plonger les poissons et tomber les oies (une beauté sans pareille)
faire passer des yeux de poisson pour des perles
ni corbeau ni moineau ne se fait entendre (un silence complet)
l'hirondelle et le moineau ne peuvent comprendre l'ambition du cygne
le poisson meurt, le filet se déchire (une lutte où tout le monde perd)
Taigong pêche : mord qui veut bien
mieux vaut apprendre à pêcher que donner un poisson
dans une eau trop claire, il n'y a pas de poisson
voler aile contre aile (un couple inséparable)
Les oiseaux et les poissons dans les mots de tous les jours
le vilain petit canard
poser un lapin (« lâcher un pigeon »)
la sirène (« poisson belle femme »)
la chair de poule
très rapide ; à toute vitesse
le paon fait la roue
celui qui ne sait pas nager (« canard de terre sèche »)
mignonne et câline (« petit oiseau blotti contre quelqu'un »)
les pattes d'oie (« rides en queue de poisson »)
le site d'hameçonnage
la neige à gros flocons (« en plumes d'oie »)
la vue à vol d'oiseau
répéter comme un perroquet
la politique de l'autruche
le suraigu, la voix de sifflet (« voix de dauphin »)
le nid d'hirondelle (comestible)
le velours (« duvet de cygne »)
la queue-de-pie (« habit en queue d'hirondelle »)
le grand benêt (« oie à tête d'ahuri »)
le retraité qui passe l'hiver dans le Sud (« vieil oiseau migrateur »)
Phrases d'exemple
Il y a un petit oiseau dans l'arbre.
Les oiseaux volent, les poissons nagent.
Le manchot est un oiseau, mais il ne sait pas voler.
Le printemps est là, les hirondelles sont revenues.
Grand-père va pêcher au bord de la rivière tous les dimanches.
La baleine n'est pas un poisson, c'est un mammifère.
Les enfants regardent le spectacle de dauphins à l'aquarium.
Il y a deux cygnes blancs sur le lac.
Chaque automne, les oies sauvages s'envolent vers le sud.
Le hibou dort le jour et sort la nuit.
On dit que le cri de la pie annonce une bonne nouvelle, et celui du corbeau une mauvaise.
Hier, il m'a encore posé un lapin.
On n'apprend pas le chinois en pêchant trois jours pour faire sécher le filet les deux suivants.
Je ne sais pas nager : dès que j'entre dans l'eau, j'ai peur.
Pour protéger les poissons, la pêche est interdite dans le Yangzi pendant dix ans.
Je sais que mes bases sont faibles, alors je m'y mets avant les autres.
Dès que j'ai entendu cette histoire, j'ai eu la chair de poule.
De cette façon, on fait d'une pierre deux coups.
Deux loriots chantent dans les saules verts ; une file d'aigrettes monte dans le ciel bleu.
Au printemps on dort sans voir venir l'aube ; partout l'on entend chanter les oiseaux.
Guan, guan, crient les balbuzards, sur l'îlot de la rivière.
Vous n'êtes pas un poisson : comment savez-vous ce qui fait la joie des poissons ?
Dans l'océan du Nord vit un poisson ; son nom est Kun.
Il n'est resté un moment que sept ibis nippons ; il y en a aujourd'hui plusieurs milliers.
L'oiseau qui va mourir crie d'une voix plaintive ; un homme qui va mourir donne de bons avis.


